Mikheïl Saakachvili : “Tout ce que l’Ukraine subit aujourd’hui, nous l’avons vécu”

“Je suis emprisonné par un régime qui fait, par ma captivité, acte d’allégeance à Vladimir Poutine”, dénonce l’ancien président géorgien Mikheïl Saakachvili dans une tribune au Monde, écrite depuis la prison.

“Je suis emprisonné par un régime qui fait, par ma captivité, acte d’allégeance à Vladimir Poutine. A M. Poutine qui me considérait, avant que le président Zelensky ne me détrône dans ce prestigieux classement, comme étant son pire ennemi de tout l’espace de l’ancienne URSS. La guerre d’agression du Kremlin contre l’Ukraine a obligé le régime géorgien à montrer son véritable visage : il apparaît désormais clairement souhaiter la victoire de Poutine et participe au contournement des sanctions économiques européennes contre la Russie, aux dires mêmes de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Je suis emprisonné à la suite d’un simulacre de procès dont les décisions n’ont été saluées au niveau international que par le régime dictatorial et impérialiste du Kremlin. Tous les rapports des organisations internationales, des chancelleries diplomatiques occidentales, des résolutions du Parlement européen, montrent que la Géorgie, sous la domination de l’oligarque Bidzina Ivanichvili, qui s’est enrichi en Russie dans les années 1990, tourne le dos à la démocratie et à l’Etat de droit, ce qui, sur le plan géopolitique, ne peut se traduire que par l’arrêt du processus de rapprochement avec l’Europe et par la mise sous tutelle russe du pays. D’ailleurs, les ministres et les propagandistes de M. Poutine ne tarissent pas d’éloges au sujet du gouvernement géorgien et de sa “résistance” au diktat occidental. Alors que le monde entier considère le régime de Poutine comme un paria, la Géorgie de l’oligarque Bidzina Ivanichvili affirme souhaiter restaurer les liaisons aériennes avec Moscou”, écrit Mikheïl Saakachvili.

“Tout ce que l’Ukraine subit aujourd’hui, nous l’avons vécu sous ma présidence”, affirme Saakachvili. Il rappelle qu’en 2008, l’invasion de la Géorgie par la Russie a eu lieu. Celle-ci s’est traduite par l’occupation militaire des régions septentrionales de la Géorgie et par la “reconnaissance de leur indépendance”.

“En Ukraine et en Géorgie, nous luttions contre le même ennemi : la corruption, les oligarques, l’obscurantisme ethno-religieux et leurs soutiens et alliés naturels à l’extérieur – le régime de Poutine, sa kleptocratie, son idéologie antieuropéenne, son “monde russe” et son impérialisme”, note Saakachvili.

 

Source: Le Monde

Print Friendly, PDF & Email