Le Monde : Poutine se retrouve en difficulté avec ses proches alliés

Après avoir dédaigné le G20, le président russe a participé au sommet de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) en Arménie, a fait savoir Le Monde, jeudi 24 novembre.

Accueilli, mercredi 23 novembre, à Erevan, Vladimir Poutine entendait démentir son isolement sur la scène internationale et resserrer les liens avec ses alliés et voisins.

Cependant, cette visite aura surtout rappelé la faiblesse de la Russie et de l’alliance régionale qu’elle dirige, jusque dans son étranger proche.

La rancœur n’a cessé de monter à Erevan contre l’OTSC et Moscou. La Russie est aujourd’hui perçue comme un partenaire non fiable.

Nikol Pachinian, le premier ministre arménien, a jugé “accablant que l’appartenance de l’Arménie à l’OTSC n’ait pas pu contenir l’agression azerbaïdjanaise”. 

Selon Erevan, les soldats azerbaïdjanais occupent plus de 50 kilomètres carrés de territoire arménien. L’Arménie a demandé à l’OTSC de lui porter assistance. La Russie a refusé, se contentant d’envoyer une mission d’observation.

L’échec du sommet à adopter une déclaration commune a été rendu public jeudi 24 novembre. 

La veille et le jour de l’arrivée de Vladimir Poutine en Arménie, des centaines de personnes ont manifesté à Erevan, certains arborant des drapeaux ukrainiens, américains, européens et des pancartes “Poutine, dehors!”.

Selon Richard Giragosian, directeur du Regional Studies Center, à Erevan, “l’inaction de l’alliance a démontré qu’elle était morte”.

En attendant, l’Arménie multiplie les contacts avec d’autres partenaires, en Europe et aux Etats-Unis. L’UE a ainsi déployé pour deux mois, fin octobre, une mission d’observation le long de la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, côté arménien.

Les autorités arméniennes restent toutefois pragmatiques et savent que ni Bruxelles ni Washington ne leur livreront des armes ou un soutien équivalent à celui fourni à l’Ukraine.

 

Source: Le Monde

 

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