L’Azerbaïdjan remet en cause le rôle de médiateur de la France avec l’Arménie

Le journaliste Timour Ozturk revient sur la question de la médiation de la France dans les négociations de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, dans son article publié mercredi 16 novembre dans le quotidien Les Echos.

Timour Ozturk rappelle que samedi 12 novembre, Emmanuel Macron s’est entretenu au téléphone avec son homologue azerbaïdjanais, Ilham Aliyev. 

L’Elysée a fait savoir à Bakou “la pleine disposition de la France à accompagner le processus de normalisation des relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie”.

De son côté, le président azerbaïdjanais a “souligné l’importance de faire preuve d’une approche neutre, impartiale et équilibrée” dans ce processus.

Bakou s’est indigné des propos de Macron, prononcés le 12 octobre sur France 2. “Nous ne lâcherons pas les Arméniens. L’Azerbaïdjan a lancé plusieurs offensives le long de la frontière. Nous les avons condamnées”, a dit Macron. 

Cependant, le journaliste souligne son rôle important aux côtés du président du Conseil européen, Charles Michel, dans les pourparlers entre le Premier ministre arménien Nikol Pachinian et Ilham Aliyev. 

“Malgré la dynamique très positive que nous avons développée à Prague, le président de la République française a fait un certain nombre de déclarations publiques qui ont soutenu sans équivoque la position de l’Arménie”, déplore Elnur Mammadov, vice-ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères.

La solidarité exprimée par la France envers l’Arménie irrite l’Azerbaïdjan. 

Bakou considère le règlement de la question du Haut-Karabakh comme une affaire interne. “Si la France souhaite continuer à jouer ce rôle, elle devrait être en mesure de se présenter comme un intermédiaire honnête, et non comme un pays qui prend le parti d’un camp ou d’un autre en raison de “liens historiques ou culturels”. Les déclarations du président Macron montrent clairement que l’administration française actuelle n’est pas en mesure de rester neutre. Et dans ce cas, nous ne voyons aucun rôle pour la France dans le processus de normalisation avec l’Arménie”, avertit le diplomate azerbaïdjanais.

 

Source: Les Echos

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