Dans le Caucase, une “petite guerre mondiale” en gestation

Le journaliste Joseph Confavreux revient sur le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans son article publié vendredi 11 novembre sur le site web d’informations Mediapart. 

De nombreux Arméniens reçoivent une formation paramilitaire de l’ONG VoMA. Créée en 2014, VoMA dispose de plusieurs terrains d’entraînement dans tout le pays. 

“Nous avons formé 600 personnes depuis. Et plus de 2 000 depuis la guerre de 2020. Le nombre de volontaires augmente à chaque agression parce que les Arméniens ne sont malheureusement pas différents des autres, ils préfèrent souvent la politique de l’autruche et attendent que ça brûle pour commencer à bouger”, explique le vice-directeur de VoMA Varinagh Vartanov. 

“Avant la guerre de 2016, on enseignait les premiers secours, on pratiquait l’alpinisme et le lancer de couteau”, explique-t-il. “À partir de 2016, nous nous sommes davantage lancés dans des formations paramilitaires. Depuis la guerre de 2020, nous nous dédions à l’enseignement du maniement de tous les types d’armes dont on peut avoir besoin sur le champ de bataille.”

“On vit dans une région où l’on ne sait jamais ce qui va se passer demain”, explique Gayane, une infirmière en réanimation de 44 ans, qui vient ici tous les jours après son travail, de 18 à 22 heures, pour suivre la formation dispensée par VoMA. “Pendant les 44 jours de la guerre de 2020, j’ai dormi constamment à l’hôpital, je n’ai pas pu rentrer chez moi tellement il y avait de choses à faire, ajoute-t-elle. J’espère que Dieu nous préservera d’une nouvelle guerre, mais pour diminuer les risques, il vaut mieux s’y préparer.”

Selon Joseph Confavreux, “Alors que l’Ukraine catalyse un affrontement par procuration entre l’Occident et la Russie, c’est un nombre encore plus considérable de pays qui pourraient être impliqués dans une extension de la confrontation entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan”.

D’après Confavreux, le Karabakh “cristallise en effet les divergences d’intérêts et les jeux d’influence d’un ensemble d’acteurs allant de la Russie à la Turquie, des États-Unis à l’Iran, d’Israël à la Chine, en passant par le Pakistan qui vend des armes à l’Azerbaïdjan et l’Inde qui fournit l’Arménie”.

 

Source: Mediapart

Print Friendly, PDF & Email