Arménie : pour la “révolution de velours”, la nostalgie n’est plus ce qu’elle était

“Depuis le changement de régime en 2018, les déceptions et les inquiétudes se sont accumulées, liées notamment à la défaite devant l’Azerbaïdjan en 2020. Mais les critiques  vont rarement jusqu’à regretter les temps anciens, corrompus et soviétisés”, affirme le journaliste Joseph Confavreux dans un article publié lundi 21 novembre dans le journal d’information numérique Mediapart. 

La “révolution de velours” menée par Nikol Pachinian, en 2018, a mis fin au régime en place depuis l’indépendance de l’Arménie en 1991.

“Les souvenirs de cette révolution sont toutefois loin d’être toujours aussi lumineux, y compris parmi la jeunesse d’Erevan”, fait remarquer Joseph Confavreux.

“On a aimé la révolution, mais on a fait ensuite la guerre de 2020 avec l’Azerbaïdjan et notre humeur a changé du tout au tout, on ne veut plus parler de ça”, explique un étudiant. “On ne veut plus y penser. On pensait qu’on allait avoir des visas pour voyager, que la corruption s’arrêterait, mais ce n’est pas le cas”.

Après le succès de cette révolution, Nikol Pachinian, son leader, est devenu premier ministre.

Même s’il a été réélu à son poste lors d’élections tenues après la guerre, Pachinian est très critiqué pour cette défaite, notamment parmi les jeunes qui ont, pour la plupart, perdu un frère, un cousin ou un ami dans les combats.

“Quand j’étais encore étudiant, je rêvais d’un pays neuf, développé, tourné vers l’Europe, mais le système vérolé issu de l’Union soviétique demeure en place, même après cette révolution”, affirme Grikor, qui a 39 ans et est ingénieur-constructeur. 

 

Source: Mediapart

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