Franck Papazian : “Le peuple arménien est en danger de mort”

Valérie Toranian, journaliste, directrice de la Revue des Deux Mondes ; Dorothée Schmid, chercheuse à l’IFRI ; Franck Papazian, co-Président du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, Régis Genté, correspondant RFI à Tbilissi, reviennent sur le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan sur France Inter, rapporte Radio France, vendredi 14 octobre.

“Le peuple arménien est en danger de mort, c’est clair et net”, s’inquiète Franck Papazian, co-Président du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF).

Suite à la guerre de 2020, remportée par l’Azerbaïdjan, le pays n’a officiellement pas récupéré le Karabakh mais seulement les 7 districts autour, indique Régis Genté, correspondant RFI en Géorgie . “La question finale, c’est le statut de ce Haut-Karabakh. Est-ce une province indépendante, est-ce qu’elle doit avoir un statut particulier à l’intérieur de l’Azerbaïdjan ou pas ? Ce n’est pas réglé dans l’accord de 2020”, poursuit-il. 

Pour Valérie Toranian, journaliste, directrice de la Revue des Deux Mondes, la Turquie joue un double jeu. “Erdogan partage avec Poutine cette haine de l’Occident, et l’Arménie représente aussi ça. Il dit que l’Azerbaïdjan et la Turquie c’est deux Etats, une seule et même nation. Et Poutine va laisser faire au Caucase, car il a d’autres dossiers à traiter. Ils sont en Arménie, ils terrorisent les populations avec des hauts parleurs en disant “si vous ne partez pas, de toute façon vous disparaitrez.”

Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie, chercheuse à l’IFRI, pense que la Turquie d’Erdogan “est embarrassée par ce conflit”. D’après elle, le président turc “veut se donner un rôle de faiseur de paix dans le conflit en Ukraine, c’est aussi le rôle qu’il veut jouer dans la crise arménienne”. “Tout le monde veut que ça s’arrête, c’est la chance de l’Arménie”, estime-t-elle. 

L’enjeu du conflit c’est plutôt de savoir “si Poutine va réussir à fédérer une sorte de camp anti-occidental sur la haine de l’Occident réelle ou supposée. Avec la recomposition géopolitique vers l’Est et le Caucase qui devient une zone importante pour les Turcs, en termes économiques, avec l’histoire des couloirs de circulation”.

 

Source: Radio France

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