L’Arménie, terre de refuge pour les Russes fuyant la mobilisation partielle

Nice-Matin a publié le reportage réalisé en Arménie où certains Russes ont trouvé refuge. 

Des dizaines de milliers de Russes ont quitté leur pays depuis l’invasion de l’Ukraine, un phénomène qui semble s’être amplifié depuis l’annonce mercredi 21 septembre par Vladimir Poutine d’une mobilisation partielle des réservistes.

Depuis l’ordre de mobilisation de Vladimir Poutine, la majorité des arrivants à Erevan ont été des hommes en âge de combattre. Les vols au départ de la Russie affichaient complets dans les prochains jours pour quasiment toutes les destinations encore disponibles.

Selon l’outil Google Trends, qui permet de suivre les tendances des recherches sur Google, la fréquence de la requête “quitter la Russie” a été multipliée par près de 100 après l’annonce de mobilisation mercredi matin. 

Les autorités ont affirmé que 300.000 réservistes seraient appelés, mais de nombreux Russes redoutent une mobilisation beaucoup plus massive. Mercredi, plus de 1.300 personnes ont été arrêtées dans toute la Russie dans des manifestations contre la mobilisation, selon l’ONG spécialisée OVD-Info.

“La situation en Russie m’a décidé à partir. Oui, on est parti de Russie à cause de la mobilisation”, déclare Sergueï, 44 ans, à l’AFP.

“Nous avons décidé de ne pas attendre d’être appelés à l’armée. Nous sommes partis”, dit son fils Nikolaï, 17 ans.

Un autre Russe, qui n’a pas souhaité donner son nom “pour des raisons de sécurité”, raconte avoir été “choqué” lorsque la mobilisation a été annoncée. En Russie, “quasiment personne ne soutient cette guerre”, affirme-t-il.

Dmitri, 45 ans, explique avoir fui en Arménie avec un simple sac, laissant au pays sa femme et leurs deux enfants, sans “aucune idée” de ce qu’il allait faire sur place. “Je ne veux pas aller à la guerre. Je ne veux pas mourir dans cette guerre insensée. C’est une guerre fratricide”, résume-t-il.

Sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui redoutent une fermeture prochaine des frontières. 

Selon le dernier chiffre des services arméniens de l’immigration, en juin, près de 40.000 Russes sont arrivés dans le pays depuis le début de l’invasion de l’Ukraine. En Géorgie, pays voisin, ils sont 50.000 à être arrivés au cours de la même période, selon les chiffres officiels.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé jeudi 22 septembre que les informations faisant état d’un exode des Russes étaient “grandement exagérées”.  

 

Source: Nice-Matin

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