Ambassadeur d’Azerbaïdjan en France : “L’Azerbaïdjan attend que l’Arménie remplisse toutes les dispositions de la Déclaration de 2020”

L’ambassadeur d’Azerbaïdjan à Paris, Rahman Mustafayev, a accordé une interview à la revue Conflits, dans laquelle il aborde les affrontements entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. 

“Dans la nuit du 12 au 13 septembre, les forces armées arméniennes ont lancé une attaque massive à partir du territoire arménien contre des positions militaires et des lignes de communication de l’armée azerbaïdjanaise située dans les régions de Kelbadjar, Latchine et Dachkessan en Azerbaïdjan. De plus, une tentative a été faite de miner les voies d’approvisionnement de l’armée azerbaïdjanaise. En d’autres termes, une provocation de grande ampleur a été commise, à la suite de laquelle nous déplorons 71 morts et 2 civils blessés”, fait savoir Rahman Mustafayev.

Il rappelle que l’Arménie n’a pas encore fourni toutes les cartes des champs de mines à l’Azerbaïdjan, “ce qui est une violation flagrante du droit humanitaire”.

Mustafayev souligne que, malgré les obligations découlant de la Déclaration de 2020, l’Arménie n’a pas encore retiré ses troupes du territoire de l’Azerbaïdjan.

“Malgré l’atmosphère positive et l’accord conclu à Bruxelles avec la médiation du président du Conseil européen Charles Michel le 31 août, l’Arménie a refusé de se réunir au format des ministres des Affaires étrangères des deux pays pour discuter des dispositions du Traité de paix. Déjà, le 2 septembre, malgré les accords conclus à Bruxelles pour lancer le processus de négociation fondé sur le respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères d’Arménie ont fait des déclarations provocatrices contre l’intégrité territoriale de notre pays”, note l’ambassadeur azerbaïdjanais.

L’Azerbaïdjan attend que l’Arménie remplisse toutes les dispositions de la déclaration tripartite de 2020, affirme Rahman Mustafayev. Selon le point 9 de la cette déclaration, “toutes les liaisons économiques et de transport de la région seront débloquées” et “la République d’Arménie garantira la sécurité des liaisons de transport entre les régions occidentales de la République d’Azerbaïdjan et la République autonome du Nakhitchevan afin d’organiser la circulation sans entrave des citoyens, des véhicules et des marchandises dans les deux sens”.

Rahman Mustafayev affirme que Bakou ne voit pas la nécessité du groupe de Minsk. “Le mandat du groupe de Minsk était de résoudre le conflit arméno-azerbaïdjanais du Haut-Karabakh par des moyens non militaires. Cela ne s’est pas produit. Le conflit a été résolu militairement. Par conséquent, nous ne voyons pas la nécessité du groupe de Minsk.”

Il souligne que “le conflit a été résolu, parce que sa principale cause a été éliminée et les principales dispositions de résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies datées de 1993 ont été réalisées : les sept districts azerbaïdjanais anciennement occupés ont été libérés des forces armées arméniennes”.

Selon lui, la France pourrait exercer une influence efficace sur le processus de normalisation des relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Toutefois, Mustafayev reproche à la France sa position partiale. “La France souligne régulièrement son respect de l’intégrité territoriale et de l’inviolabilité des frontières de l’Arménie et des autres pays du monde. Pendant le récent discours du président Macron à la conférence des ambassadeurs français, son soutien à ces principes a été souligné à plusieurs reprises de façon beaucoup plus forte qu’auparavant. Cependant, nous n’avons jamais entendu le soutien de ce principe à l’égard de l’Azerbaïdjan de la part des responsables français.”

Rahman Mustafayev note que le seul conflit qui déstabilise la région est “le conflit de l’Arménie avec le droit international”.

 

Source: Conflits

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