L’UE renforce sa sécurité énergétique en coopérant davantage avec l’Azerbaïdjan

Une tribune de Rahman Mustafayev, ambassadeur d’Azerbaïdjan en France, a été publiée jeudi 4 août dans le Club de Mediapart.

Rahman Mustafayev évoque la tribune au Monde, dans laquelle plus de 50 élus condamnent l’accord de partenariat énergétique entre l’Azerbaïdjan et l’UE. “Il est étrange de voir 50 élus français décider pour les 28 États membres de l’UE de la manière dont ils doivent construire leurs relations avec l’Azerbaïdjan en matière de sécurité énergétique.”

L’ambassadeur souligne qu’au cours des 25 dernières années, l’Azerbaïdjan a été une source fiable d’approvisionnement énergétique pour l’Europe.

D’après Mustafayev, la thèse des élus sur le lien entre les revenus des exportations de gaz azerbaïdjanais et une “extermination des Arméniens dans la République d’Arménie” n’a aucun fondement. “Je me permettrais de rappeler, que lors de l’occupation des districts du Karabakh en 1991-1993, l’Arménie a procédé à une purification ethnique, en en chassant non seulement les Azerbaïdjanais mais aussi les représentants de 46 minorités ethniques et religieuses qui représentaient près de 8 % de sa population. Le Karabakh est devenu, pour la première fois dans son histoire, une région mono-ethnique, en fait, une caserne militaire arménienne. Les monuments du patrimoine culturel et religieux des azerbaïdjanais, mais aussi des autres groupes ethniques, ont été sauvagement détruits.”

L’ambassadeur réfute la thèse des élus selon laquelle l’Azerbaïdjan utiliserait sa puissance militaire “pour imposer à l’Arménie, sous couvert d’un processus de normalisation des relations, l’ouverture sur le territoire souverain de l’Arménie d’un corridor qui relierait la Turquie à l’Azerbaïdjan”. Rahman Mustafayev note qu’il s’agit de “rétablir les voies de transport qui ont toujours existé, de 1920 à 1992, jusqu’au moment où l’Arménie a bloqué l’autoroute et démantèle la voie ferrée, mettant le Nakhitchevan, la région enclavée de l’Azerbaïdjan, en état de siège”.

Rahman Mustafayev souligne que l’Arménie ne répond pas aux propositions de Bakou pour un traité de paix.

“En ce qui concerne nos ambitions prétendues sur la région du Zanguezour (Syunik), je rappelle que cette région d’Azerbaïdjan a été illégalement rattachée à l’Arménie le 2 décembre 1920 pour soutenir le gouvernement communiste arménien qui a pris le pouvoir à Erevan. L’opinion de la population azerbaïdjanaise, qui à l’époque était majoritaire dans cette région (53%, ou 119 mille azerbaïdjanais contre 44 %, ou 99 mille des Arméniens, selon le dernier recensement officiel de 1916), n’a pas été prise en compte. Les Bolcheviks russes ne lui ont accordé aucune autonomie – ni nationale, ni territoriale, ni culturelle”, note Mustafayev.

L’ambassadeur d’Azerbaïdjan en France appelle l’Arménie à apprendre à vivre en harmonie avec le droit international et avec ses voisins, et abandonner sa tradition historique de haine envers la Turquie et l’Azerbaïdjan. 

 

Source: Club de Mediapart

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