Les tensions au Karabakh inquiètent l’Europe

Les opérations militaires qui ont fait au moins trois morts au Karabakh éloignent la perspective d’un traité de paix, affirme le journaliste Frédéric Rohart dans l’article publié dans L’Echo.

Des accrochages ont fait plusieurs morts mercredi 3 août au Karabakh. 

L’opération “vengeance” de l’armée azérie répondait à la mort dans la région d’un de ses soldats. L’Azerbaïdjan affirme avoir à cette occasion pris le contrôle de plusieurs positions stratégiques au Karabakh.

Jeudi, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a appelé à l’intervention des forces russes de maintien de la paix. La Russie a réagi en affirmant que ses soldats de maintien de la paix faisaient “tous les efforts nécessaires” pour stabiliser la situation.

“Il est très difficile d’évaluer la situation à ce stade : comme ces événements sont récents, personne ne peut prétendre savoir vraiment ce qui se passe sur place, toutes les informations officielles qu’on reçoit nous appellent à la prudence alors que cette guerre est avant tout une guerre psychologique”, observe depuis Bakou le politologue azéri Yalchin Mammadov, chercheur à l’Université libre de Bruxelles. Les observateurs prévoyaient un affrontement de ce type depuis plusieurs semaines, indique-t-il, alors que les autorités de Bakou accusaient l’Arménie de ne pas respecter l’accord tripartite.

“À mon avis, cette tension ne mènera pas à une guerre de grande envergure, parce qu’elle ne serait dans l’intérêt de personne”, indique Yalchin Mammadov.  “Très affaiblie par la guerre qu’elle a perdue, l’Arménie aurait tout à perdre. Pour l’Azerbaïdjan, le jeu n’en vaudrait pas la chandelle quand son seul objectif serait le retrait des forces armées arméniennes du Karabakh. Quant à Moscou, il n’a aucun intérêt à laisser le conflit reprendre là où il a engagé des forces de maintien de la paix.”

Selon Frédéric Rohart, la stabilité de la région est un enjeu plus stratégique que jamais pour les Vingt-Sept, alors que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a signé le 18 juillet un accord avec l’Azerbaïdjan en vue de doubler les importations européennes de gaz azéri.

En tout état de cause, si une guerre devait reprendre, elle ne devrait pas avoir d’impact direct sur les approvisionnements en gaz de l’Europe estime Yalchin Mammadov, soulignant que les pipelines azéris ne passent pas par l’Arménie.

 

Source: L’Echo

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