Journaliste Bruno Ripoche : “Erdogan est le premier vainqueur de la guerre en Ukraine”

Le journaliste Bruno Ripoche analyse le rôle du président turc dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine dans son article publié jeudi 18 août dans Ouest-France.

Ce jeudi 18 août, à Lviv, s’est tenue une rencontre entre le président de la Turquie, son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky et le Secrétaire général de l’ONU António Guterres

Grâce à Erdogan et Guterres, le blocus par la flotte russe des ports ukrainiens sur la mer Noire, qui a provoqué une hausse des prix mondiaux du blé, du maïs et des graines de tournesol, a été levé fin juillet.

L’accord signé à Istanbul par l’Onu, la Turquie et les belligérants ukrainiens et russes, a permis à 25 navires de quitter sans heurt les quais d’Odessa, Pivdenny et Tchornomorsk depuis début août, avec dans leurs cales plus de 600 000 tonnes de denrées agricoles.

A l’Ukraine, l’entreprise du gendre d’Erdogan fournit les drones armés Bayraktar, qui ont contribué à enrayer l’avancée russe sur Kiev en mars.

Dans le même temps, Erdogan ménage le Kremlin : la Turquie ne s’est pas ralliée aux sanctions contre la Russie décidées par les pays de l’Otan, dont elle est membre, et par l’UE. Guidée par son propre intérêt, elle paie son gaz russe en roubles, son industrie agroalimentaire se fournit en Russie et la Turkish Airlines continue de desservir Moscou.

En outre, moyennant une mise de 400 000 dollars, par exemple, en achetant une villa en Turquie, plusieurs milliers d’investisseurs russes peuvent obtenir le passeport turc et poursuivre leur activité à l’abri des sanctions.

À Lviv, Erdogan, Zelensky et Guterres ont abordé la situation très périlleuse à Zaporijjia (sud de l’Ukraine) dont la centrale nucléaire, occupée par l’armée russe, se retrouve dans un champ de tir.

Selon le journaliste, la guerre en Ukraine est un coup de chance pour Erdogan, dont le pays est en pleine crise inflationniste depuis plus de deux ans maintenant. Si les sondages ont valu à Erdogan sa première défaite aux élections législatives et présidentielles de 2023 cet été, il peut au moins affirmer son statut international, affirme le journaliste.

 

Source: Ouest-France

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