Azerbaïdjan-Arménie : pourquoi les troubles reprennent au Karabakh

Des affrontements, qui ont fait au moins trois morts, ont eu lieu cette semaine entre soldats azerbaidjanais et arméniens, malgré la présence de militaires russes chargés du maintien de la paix, fait savoir Libération, vendredi 5 août.

Nelly Didelot, journaliste chez Libération, revient sur le conflit au Karabakh.

Le Karabakh a été intégré au territoire azerbaïdjanais à l’époque de l’Union soviétique. A la chute du bloc soviétique, une première guerre avait éclaté entre Erevan et Bakou pour décider de son appartenance. Après trois ans de combat et plus de 30 000 morts, le Haut-Karabakh, et sept districts environnants peuplés très majoritairement d’Azéris, étaient tombés sous le contrôle de l’Arménie en 1994.

Après plusieurs jours de tension, les accrochages les plus sérieux ont eu lieu le 3 août. Dans une opération baptisée “Vengeance”, qui a fait au moins deux morts et 19 blessés, les soldats de Bakou ont attaqué plusieurs positions tenues par l’armée arménienne.

L’offensive est présentée par l’Azerbaïdjan comme une réplique à des tirs nourris venus de groupes armés arméniens illégaux qui ont tué un jeune militaire azéri. L’attaque a surtout permis à Bakou d’établir le contrôle sur “plusieurs hauteurs importantes”, selon le ministère azerbaïdjanais de la Défense, qui indique que ses troupes fortifient ces nouvelles positions.

Selon la journaliste, la flambée de violence est liée à la volonté de Bakou de faire pression sur le couloir de Latchine. 2 000 soldats russes sont déployés dans la région, notamment dans le corridor de Latchine. Le Premier ministre arménien a qualifié d’inacceptables “les violations du cessez-le-feu commises sous les yeux des soldats de Moscou”.

“Cette escalade peut être liée à deux choses. D’une part, la Russie est occupée en Ukraine et n’a pas de temps à consacrer au Karabakh. L’Azerbaïdjan en profite pour tester les lignes rouges, pour voir jusqu’où il peut aller. D’autre part, des négociations de paix sont en cours et les attaques sont une manière de faire pression sur leur déroulé”, analyse Aleksander Iskandaryan, directeur du Caucasus Institute, sur BBC Russian. 

 

Source: Libération

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