20 Minutes fait le point sur les enjeux entourant le Karabakh

Le Karabakh est au centre d’un long conflit entre l’Arménie à l’Azerbaïdjan. 20 Minutes fait le point sur les enjeux entourant le Karabakh.

Depuis mercredi 3 août, une nouvelle escalade de violences ravive le risque de guerre dans cette enclave montagneuse.

L’Azerbaïdjan a affirmé y avoir pris le contrôle de “plusieurs hauteurs importantes”, dont des collines, et détruit des cibles arméniennes. Trois personnes, deux séparatistes arméniens et un soldat azerbaïdjanais, sont décédées lors de cette opération baptisée “Vengeance”. 

L’Azerbaïdjan a répondu par la force, alors que plus tôt des “tirs nourris” avaient visé une position de ses forces armées dans le district de Latchin, une zone tampon entre la frontière arménienne et le Karabakh. Le dirigeant des séparatistes du Karabakh, Arayik Haroutiounian, a signé un décret proclamant une mobilisation militaire partielle au Karabakh.

Le ministère arménien des Affaires étrangères a exhorté, ce jeudi, la communauté internationale à prendre des mesures pour stopper “l’attitude et les actions agressives de l’Azerbaïdjan”. Nikol Pachinian a sommé l’Azerbaïdjan de reconnaître “l’existence du Haut-Karabakh” et le “corridor de Latchin”, qui relie l’enclave séparatiste à l’Arménie. Le Premier ministre a également appelé la Russie à agir, attendant “que chaque tentative de violer la ligne de contact soit empêchée par le contingent de soldats de la paix”.

Le plus haut des récentes tensions pour le contrôle du Haut-Karabakh remonte au début des années 1990 et à une guerre qui a fait plus de 30.000 morts. Ce conflit armé a conduit à d’importants déplacements de populations, près de 700.000 Azerbaïdjanais fuyant l’Arménie et le Haut-Karabakh et 230.000 Arméniens fuyant l’Azerbaïdjan. Puis, les deux ex-républiques soviétiques se sont affrontées à nouveau à l’automne 2020.

Plus de 6.500 personnes seront tuées en six semaines dans cette nouvelle guerre qui se solde par une écrasante défaite de l’Arménie. Un accord de cessez-le-feu est alors négocié. Il est parrainé par Moscou, qui déploie rapidement des soldats de maintien de la paix au Karabakh.

Le gouvernement azerbaïdjanais a commencé en janvier dernier à organiser des voyages réguliers en bus vers les “terres libérées”. C’est là la première étape de ce que Bakou appelle le “Grand retour”, un plan gouvernemental ambitieux de 1,3 milliard de dollars visant à repeupler le Karabakh avec son ancienne population azerbaïdjanaise.

“Je pense qu’il n’y aura pas d’issue à ce conflit tant que l’Azerbaïdjan ne se sera pas résolu à reconnaître une forme de souveraineté arménienne sur le Karabakh et s’il n’obtient pas une forme de compensation”, estime Frédéric Encel, maître de conférences à Science Po. Il affirme que l’Azerbaïdjan ne voulait “pas d’un cessez-le-feu” et que la Turquie, “pays totalement partial”, ne devrait rien avoir “à faire dans ce conflit”.

 

Source: 20 Minutes

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