Les enjeux multiples du sommet Raïssi-Poutine-Erdogan

Les journalistes du Monde, Ghazal Golshiri et Marie Jégo, analysent les enjeux du sommet tripartite à Téhéran.

Mardi 19 juillet, Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan et Ebrahim Raïssi se sont réunis à Téhéran pour évoquer la Syrie, mais aussi la guerre en Ukraine.

Poutine a évoqué des progrès dans les négociations pour l’exportation des céréales d’Ukraine via la mer Noire et remercié Erdogan pour sa médiation  dans ce dossier. 

Le sujet du paiement des importations énergétiques russes avec des devises autres que le dollar a été évoqué lors de la rencontre en tête à tête entre Erdogan et son homologue russe. “Il est question que la Turquie, dépendante de la Russie pour sa consommation en gaz et en pétrole, règle désormais ses achats en livres turques, ce qui devrait permettre au gouvernement d’Ankara, aux prises avec une crise monétaire d’ampleur, la livre turque ayant perdu 60 % de sa valeur face au billet vert ces deux dernières années, d’enrayer la baisse drastique des réserves en devises de la Banque centrale.”

Ce sommet a été l’occasion pour le président turc de tenter de convaincre ses partenaires du bien-fondé de l’opération militaire qu’il veut lancer dans le nord de la Syrie pour en chasser les Kurdes syriens, décrits par la Turquie comme des “terroristes” affiliés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

L’objectif d’Erdogan est de prolonger la “zone de sécurité”, profonde de trente kilomètres,  pour y installer un million de réfugiés syriens sur les 3,7 millions actuellement hébergés en Turquie.

Dans un communiqué commun publié à l’issue de la rencontre, l’Iran, la Turquie et la Russie se sont engagés à poursuivre leur coopération pour “éliminer les terroristes” en Syrie. Erdogan a affirmé avoir l’intention de continuer “prochainement” ses opérations militaires contre les Kurdes syriens.

 

Source: Le Monde

Print Friendly, PDF & Email