Comment l’Arménie s’est emparée du patrimoine de l’Eglise apostolique albanaise

L’article de Hadjar Verdiyeva, docteur en sciences historiques à l’Académie nationale des sciences d’Azerbaïdjan, sur l’Église apostolique albanaise du Caucase, a été publié, dimanche 5 juin, dans le journal Musulmans en France.

L’auteure de l’article note que l’Église apostolique albanaise est l’une des plus anciennes églises du Caucase. Cette idée est confirmée par le Catholicos arménien Abraham, qui a vécu au VIe siècle. Dans sa lettre aux Albanais, il indiquait : “Saint Élisée a prêché le christianisme en Albanie et a construit une église en Albanie, plus précisément dans le village de Guis, avant l’Arménie.”

“À partir des Ier et IIe siècles de notre ère, les églises albanaises couvraient les terres azerbaïdjanaises en un dense réseau, et des monuments chrétiens albanais ont commencé à être construits au Karabakh, à Sheki et à Gakh-Balakan. Pendant cette période, des églises et des monastères ont été édifiés à Zanguezour et à Irevan. Parmi eux, Uchkilsa (temple des Anges Bleus dans le district de Karbibasar), Sivang (dans le district de Goycha), Tatev (dans le district de Zangazour), Uzunlar (dans le district de Talin), Aselishad-Khorvirab (dans le district de Vedibasar), Avan et Putgni (dans le district de Kirkhbulag), Gamarli (dans le district d’Ashtarak) et Piragan, constituent des spécimens uniques du patrimoine azerbaïdjanais”, fait remarquer Hadjar Verdiyeva.

L’historienne souligne que jusqu’à la fin du Ve siècle, l’Église apostolique albanaise, qui était chalcédonienne, s’est éloignée du dyophysisme (orthodoxie), car elle a été contrainte de se soumettre à la politique confessionnelle des empereurs sassanides de la région. “Ces querelles sectaires ont duré plus d’un siècle, et la situation socio-politique de la région à la fin du VIIe siècle l’a finalement conduite au monophysisme.”

L’auteure de l’article note que les Arméniens, qui ont perdu leur statut d’État au début du Moyen Âge, se sont dispersés sur un vaste territoire à la recherche de nouvelles terres. “Lors de sa quête d’une “patrie”, l’Église arménienne grégorienne, qui cimentait les Arméniens autour d’elle, a commencé à revendiquer des monuments chrétiens qui faisaient partie du patrimoine matériel et culturel de l’Azerbaïdjan.”

Hadjar Verdiyeva fait remarquer qu’à partir du Moyen Âge, “l’Église arménienne grégorienne commence à s’approprier des terres à Irevan appartenant à la population indigène, les Azerbaïdjanais, scellant ainsi (dès le XVe siècle) les bases des revendications arméniennes infondées sur le patrimoine matériel et culturel de l’Église apostolique albanaise et plus tard sur les terres azerbaïdjanaises. De la sorte, en 1441, l’Église arménienne grégorienne, qui a déplacé sa résidence de Sis à Uchkilsa, commence à s’emparer des terres de Irevan”.

L’historienne note qu’au XVe siècle, les catholicos de l’Église arméno-grégorienne s’appropriaient les terres historiques azerbaïdjanaises autour du monastère d’Uchkilsa et les rattachaient au monastère. 

“Après que le contrôle du patrimoine matériel et culturel de l’Église apostolique albanaise soit passé à l’Église arménienne grégorienne, le terrain était favorable pour que les nationalistes arméniens puissent émettre des revendications sans fondement sur les terres historiques de l’Azerbaïdjan. Parallèlement, avec la permission des autorités russes, l’Église arménienne grégorienne, détruisit les archives de l’Église apostolique albanaise en 1909-1910, portant ainsi un grand coup au patrimoine historique de l’Azerbaïdjan et à la mémoire historique de son peuple.

L’Église arménienne grégorienne, en tandem avec les partis nationalistes arméniens, put ainsi, au début du XXe siècle, revendiquer sans vergogne les terres historiques d’Azerbaïdjan et inventer le soi-disant “problème du Haut-Karabakh” et arméniser totalement Irevan, alors qu’elle n’a, historiquement, strictement rien à voir avec le Caucase”, souligne l’auteure de l’article.

 

Source: Musulmans en France

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