Chercheur de l’Ifri: “Les sanctions et l’isolement de la Russie profitent à la Géorgie”

Dimitri Minic, docteur en histoire des relations internationales de Sorbonne Université, chercheur de l’Ifri, l’Institut français des relations internationales, a accordé mardi 2 mai une interview au journal Le Figaro sur les relations entre la Géorgie et la Russie.

Pour récompenser Tbilissi de son comportement à l’égard de Moscou, la Russie a levé des restrictions entre les deux pays, analyse le chercheur Dimitri Minic. Sur le plan économique, la Géorgie est de plus en plus dépendante de son voisin, ajoute-t-il.

“Les Géorgiens ont affirmé ne pas vouloir provoquer ou irriter Moscou, et ont assuré qu’ils n’étaient pas en guerre contre la Russie”, note Dimitri Minic. “Les sanctions et l’isolement de la Russie profitent à la Géorgie dans la mesure où Moscou se sent obligé de faire feu de tout bois et de montrer aux autres pays de l’ex-URSS qu’il est capable de négocier et d’avoir une relation positive avec un partenaire docile.”

Selon le chercheur, “le soutien précoce à l’Ukraine de la Géorgie a été plébiscité par la population géorgienne, même si la moitié des Géorgiens ne voulaient pas que leur gouvernement impose des sanctions à la Russie”.

Dimitri Minic fait remarquer que “depuis le début de la guerre en Ukraine, les marionnettes du Kremlin en Ossétie-du-Sud ont annoncé qu’elles organiseraient un référendum sur le rattachement de l’entité sécessionniste à la Russie”, mais la Russie s’est opposée à cet attachement pour “récompenser le comportement prudent de la Géorgie” dans ce contexte de guerre russe en Ukraine.

“La Russie peut donc à sa guise activer le sécessionnisme pour infléchir l’orientation politico-stratégique de la Géorgie, même si les élites dirigeantes géorgiennes n’ont pas renoncé à leur volonté de rapprochement avec l’Occident. Si la Géorgie ne reçoit pas de soutien et de perspectives plus clairs et décisifs des structures de sécurité et de coopération euro-atlantiques, cette volonté pourrait devenir de plus en plus artificielle, alors que la dépendance politico-économique à la Russie est, elle, de plus en plus réelle.”

 

Source: Le Figaro

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