En Turquie, l’inlassable combat contre les violences faites aux femmes

En Turquie, la lutte contre les violences faites aux femmes se poursuit, rapporte La Croix, dimanche 15 mai.

Mi-avril, l’association “We Will Stop Femicide” a fait savoir qu’elle était visée par des plaintes pour “activités contraires à la loi et à la morale” : un procès qui pourrait conduire à la fermeture de cette organisation de la lutte contre les violences faites aux femmes. D’après l’association, 137 femmes ont été tuées depuis le début de l’année.

L’association “Mor Cati” (“Le Toit mauve”) a été créée dans les années 1990 pour assurer une prise en charge des femmes victimes de violences domestiques. Dans les locaux de l’association, situés à Istanbul, salariées et bénévoles se relaient pour apporter écoute et soutien. L’organisation reçoit une trentaine d’appels par jour et dispose d’une vingtaine de places dans un refuge d’Istanbul, à une adresse tenue secrète.

Depuis la décision du président turc Recep Tayyip Erdogan de se retirer de la convention d’Istanbul (traité international de lutte contre les violences domestiques) par décret-loi, le 20 mars 2021, les organisations féministes accusent le coup. “Nous avons évidemment été très choquées de ce retrait”, se souvient Selime, membre de Mor Cati. “Cependant, de notre point de vue, ce n’est pas un véritable tournant, car il s’inscrit dans la continuité d’une dégradation générale dans la mobilisation dans la lutte contre les violences faites aux femmes.”

Selon le gouvernement turc, le texte de la Convention d’Istanbul menace “l’unité de la famille, encourage le divorce et la définition de l’égalité puisse être utilisée par la communauté LGBT pour gagner en légitimité dans la société”. La ministre des Affaires familiales a affirmé que la Constitution et la législation nationale seraient “une garantie pour la protection des droits de la femme”.

D’après l’équipe de Mor Cati, “le discours du gouvernement assume l’idée d’une inégalité entre les femmes et les hommes”.

Des centaines d’avocates se sont rassemblées à Ankara pour assister à l’audience du Conseil d’État, le 28 avril, qui examinait les plaintes déposées par les associations à la suite du retrait. Le procureur a demandé l’annulation du retrait de la convention d’Istanbul. La décision finale est attendue dans les prochaines semaines.

 

Source: La Croix

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