“Les tensions restent fortes entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan”

L’Arménie a annoncé mercredi 1er septembre la mort d’un de ses soldats dans un accrochage avec les troupes azerbaïdjanaises, une affirmation démentie par Bakou, rapporte Dernières Nouvelles d’Alsace.

Le magazine Dernières Nouvelles d’Alsace revient sur le conflit arméno-azerbaïdjanais.

Depuis de nombreuses années, Arménie et Azerbaïdjan se disputent le territoire de la région du Karabakh. 

À l’automne 2020, un conflit a éclaté entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en raison du contrôle du Haut-Karabakh, qui avait déjà fait l’objet de la guerre dans les années 1990. Le conflit s’était soldée par une déroute militaire arménienne et un accord de cessez-le-feu qui a accordé d’importants gains territoriaux à Bakou.

Malgré la signature de cet accord et le déploiement de soldats de maintien de la paix russes, les tensions restent fortes entre les deux ex-républiques soviétiques. En mai dernier, l’Arménie avait notamment accusé l’Azerbaïdjan d’avoir violé la frontière pour prendre le contrôle de terres au bord du Lac Sev, que se partagent les deux pays.

Le Haut-Karabakh fait l’objet de nombreux conflits depuis des siècles, passant de mains en mains. Sous influence arabe, turc, puis russe, le territoire devient l’épicentre d’une guerre civile qui oppose Arménie et Azerbaïdjan en 1917. La zone a été rattachée à la république soviétique d’Azerbaïdjan en 1921 par Staline avec, à partir de 1923, un statut d’autonomie.

A la dislocation de l’URSS en 1991, le Haut-Karabakh organise un référendum boycotté par la communauté azerbaïdjanaise puis proclame son indépendance de Bakou avec le soutien d’Erevan. Une indépendance qui n’a jamais été reconnue par l’ONU. La violence éclate alors et la guerre fait 30 000 morts jusqu’au cessez-le-feu de 1994. La guerre a conduit à d’importants déplacements de populations: près de 700 000 Azerbaïdjanais fuyant l’Arménie et le Haut-Karabakh et 230 000 Arméniens fuyant l’Azerbaïdjan.

Pendant 30 ans, les négociations sous l’égide du Groupe de Minsk de l’OSCE, pilotés par la France, la Russie et les Etats-Unis, ont échoué. 

C’est bien le caractère historique du Haut-Karabakh qui lui vaut l’objet de toutes les convoitises. “Il s’agit d’un territoire historiquement symbolique pour les deux peuples”, précise Jean Radvanyi, professeur émérite à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco).

 

Source: Dernières Nouvelles d’Alsace

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