La bataille de l’aéroport de Kaboul continue: Erdogan prêt à tous les compromis pour en obtenir la gestion?

Les négociations s’intensifient entre Ankara et les talibans. La Turquie espère toujours récupérer la gestion globale de l’aéroport international de Kaboul, négociée via l’Otan, les talibans sont déterminés à en assurer la sécurité. Le géopolitologue Pascal Le Pautremat interviewé mercredi 1er septembre par Sputnik, revient sur les enjeux autour de la gestion de ce hub.

Les talibans ont proposé à Ankara d’assurer la gestion de l’aéroport, tandis qu’ils prendront la main sur la sécurité du site. L’aéroport de Kaboul reste un enjeu politique et économique considérable. C’est le seul moyen de fournir une aide humanitaire.

“Que disent les talibans au sujet de l’aéroport? Ils disent “donnez-nous la sécurité et vous l’exploitez”. Comment pouvons-nous vous confier la sécurité? Admettons que vous preniez en charge la sécurité, mais alors que dire au monde si un autre bain de sang se produisait là-bas? Ce n’est pas simple”, a dit Erdogan dimanche 29 août dans plusieurs médias.

Pascal Le Pautremat, conférencier et chargé de cours dans l’Enseignement supérieur sur les crises et conflits contemporains, voit “mal” la Turquie confier la sécurité du site à “des amateurs” comme les talibans.

Les choses pourraient toutefois se décanter entre les nouveaux maîtres de Kaboul et Ankara. Selon Middle East Eye, la Turquie reconnaîtrait les talibans comme le gouvernement légitime de l’Afghanistan. Ankara assurerait la sécurité de l’aéroport par l’intermédiaire d’une entreprise privée, dont le personnel sera composé d’anciens soldats et policiers turcs.

Des membres supplémentaires des forces spéciales turques, opérant en civil, seraient présents pour sécuriser le personnel technique turc, ne quittant pas le périmètre de l’aéroport.

Selon Pascal Le Pautremat, Erdogan ne renoncera pas “à garder un pied en Afghanistan, avec des avantages géostratégiques et économiques évidents”.

Le sous-sol afghan regorge de minéraux. Les recettes potentielles sont estimées entre un et 3.000 milliards de dollars.

La présence en Afghanistan permettrait à Erdogan de se positionner une nouvelle fois comme acteur incontournable sur la scène régionale. Ankara l’a d’ailleurs laissé entendre: avec ou sans gestion de l’aéroport, la Turquie gardera une mission diplomatique dans le pays aussi longtemps que possible.

“Nous planifions actuellement le maintien de notre présence diplomatique”, a dit le président turc. “Nous tenons prêts tous nos plans alternatifs nécessaires. Notre priorité est la sécurité de notre personnel”, a-t-il ajouté.

 

Source: Sputnik France

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