Jonathan Lacôte: “L’objectif de la France est d’exclure une nouvelle guerre dans le Caucase”

L’ambassadeur de France en Arménie Jonathan Lacôte, qui avait terminé sa mission diplomatique en Arménie, a accordé lundi 13 septembre une interview au Service d’information arménien “Lurer” sur le sujet du Haut-Karabakh

Le diplomate a déclaré que si l’Arménie postulait pour la conclusion d’une alliance militaire avec la France, son pays était prêt à chercher des options pour soutenir l’Arménie, car l’objectif de la France était d’exclure une nouvelle guerre.

“La France est prête à examiner les demandes qui seront formulées par l’Arménie. En d’autres termes, s’il y a une initiative de la part de l’Arménie, nous sommes prêts à réfléchir à la manière dont nous devrions procéder avec cette demande. Bien sûr, il y a quelques choses à garder à l’esprit.

En effet, l’Arménie est membre d’une alliance militaire spécifique, l’Organisation du Traité de sécurité collective. Nous devons également tenir compte du fait que notre priorité est la négociation. Notre objectif n’est pas d’aider l’Arménie, ou de préparer un pays à la prochaine guerre, notre objectif est d’éviter la prochaine guerre, que ce soit au Karabakh, aux frontières ou ailleurs. 

Notre priorité sera toujours les négociations, la reprise du dialogue entre Erevan et Bakou, la réduction des tensions, la mise en place de mesures de confiance pour assurer une paix définitive dans la région. Tout cela permettra aux Arméniens du Haut-Karabakh de vivre en sécurité dans leurs villes et villages.” 

Jonathan Lacôte a également abordé le rôle du Groupe de Minsk de l’OSCE dans cette région. “Ce que nous constatons avec les coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE, c’est que, bien sûr, il y a encore de nombreux problèmes. La question du statut du Haut-Karabakh reste en suspens, nous sommes confrontés à des problèmes humanitaires graves, en particulier la question des prisonniers de guerre arméniens toujours détenus en Azerbaïdjan, les problèmes de la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Nous pensons qu’il est très important que les trois pays coprésidents soient à nouveau impliqués afin de reprendre les pourparlers. Il est évident que ces trois États sont avant tout des médiateurs. Il doit y avoir une volonté politique à Erevan et à Bakou pour reprendre les pourparlers. Je peux dire qu’il y a une telle volonté en Arménie. Et c’est très important, car c’est dans l’intérêt de l’Arménie. Je pense que les coprésidents reprendront leur rôle central dans les semaines et les mois à venir. Ce groupe est la seule plate-forme de négociations bien connue”, a déclaré Jonathan Lacôte. 

 

Source: Lurer (Service d’information arménien)

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