Canal d’Istanbul: le projet d’Erdogan va-t-il tomber à l’eau?

Le canal artificiel, qui doit désengorger le détroit du Bosphore, se heurte à des obstacles économiques, écologiques et géopolitiques, rapporte L’Express, vendredi 3 septembre.

Le 26 juin, le président turc prétend inaugurer le grand chantier, prévu pour durer six ans et coûter plus de 15 milliards de dollars. Long de 45 kilomètres et profond de 25 mètres, ce cours d’eau artificiel doit relier la mer Noire et la mer de Marmara. Il est destiné à désengorger le détroit et à renforcer sa sécurité. 

Ses opposants voient surtout dans cette initiative une tentative du président turc de relancer le secteur du bâtiment, dont il a fait le moteur de l’économie du pays et qui est dominé par des entrepreneurs proches du pouvoir. Sur les berges du futur canal, de nouveaux quartiers doivent être construits, pour accueillir entre 500 000 et 2 millions d’habitants.

Le projet inquiète les Stambouliotes pour les risques qu’il fait peser sur l’environnement. “Il va détruire les lacs et les barrages qui fournissent la ville en eau, et saliniser les nappes phréatiques”, dit la militante écologiste Rüya Kurtulus. “Le Bosphore est doté d’un système de courants qui limite les interactions entre les deux mers, ce que ne permettra pas le canal. L’écosystème de la mer de Marmara, déjà mis à rude épreuve, ne résistera pas à une arrivée massive des eaux de la mer Noire, très polluées, peu salées et faibles en oxygène.”

La Turquie, qui traverse une crise économique majeure, mise sur les investissements étrangers pour financer cet ouvrage. Depuis plusieurs mois, le milieu économique turc bruisse de rumeurs annonçant d’éventuels investissements chinois, qui restent peu probables.

L’opposition a annoncé qu’en cas de victoire aux élections de 2023, elle arrêterait le projet et ne rembourserait pas les investissements ce qui décourage les éventuels partenaires étrangers.

 

Source: L’Express

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