Turquie: faut-il craindre une montée des violences anti-kurdes d’ici aux prochaines élections?

Le principal parti pro-kurde, le Parti démocratique des peuples, ou HDP, affirme sa crainte d’une montée des violences anti-kurdes en Turquie d’ici aux prochaines élections programmées dans deux ans, rapporte RFI, jeudi 5 août.

Un meurtre de sept membres d’une famille kurde a eu lieu la semaine dernière.

La famille Dedeoğlu – un couple et ses cinq enfants âgés de 30 à 45 ans – a été tuée par balles le soir du 30 juillet dans sa maison de Konya. Ils avaient migré il y a une trentaine d’années de Kars, dans l’est du pays, jusqu’à cette province du centre de l’Anatolie. Selon eux, cela faisait environ dix ans qu’ils étaient en conflit avec une famille de voisins. 

Les Dedeoğlu avaient raconté leur histoire à la presse après avoir été attaqués une première fois en mai par une cinquantaine de personnes. Ils avaient alors expliqué que leurs voisins les avaient menacés de mort en se présentant comme des nationalistes qui allaient débarrasser le quartier des Kurdes. À l’époque, sept personnes avaient été incarcérées, puis cinq remises en liberté. Le meurtrier est un voisin âgé de 33 ans.

Tout de suite après les faits, les autorités turques ont affirmé que le meurtre n’avait rien à voir avec un acte de racisme anti-kurde.

Le parti pro-kurde affirme qu’il y a un risque que ce genre de violences se multiplient. Certains accusent en retour le HDP d’augmenter ce risque en agitant la crainte de violences entre Turcs et Kurdes.

Le HDP risque d’être interdit par la Cour constitutionnelle dans les prochains mois au motif qu’il serait lié au PKK, groupe armé classé comme terroriste. 

Anne Andlauer, correspondante de RFI à Istanbul, estime qu’il existe un risque de fusion de la haine contre le PKK (que la presse progouvernementale accuse d’être à l’origine des incendies meurtriers de ces derniers jours) et des attaques politiques contre le HDP (qui risquent de s’intensifier à l’approche des élections) et la méfiance voire l’hostilité que suscite, chez une partie de la population, toute manifestation de l’identité kurde.

 

Source: RFI

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