L’Arménie tente d’attirer les touristes dans le Haut-Karabakh

Les autorités de la partie du Haut-Karabakh restée aux mains des Arméniens tentent de soutenir leur économie en stimulant le tourisme, a fait savoir Courrier International jeudi 22 juillet.

En 2018, la région a accueilli 23 000 visiteurs étrangers et 42 000 en 2019. La plupart venant de Russie, des États-Unis et de France, des pays où résident d’importantes communautés de la diaspora arménienne. En 2020, en raison de la guerre et de la pandémie de Covid-19, le Haut-Karabakh n’a reçu que 2 444 visites, et seulement 1 447 au premier semestre 2021.

Selon Iana Avanessyan, membre de l’Initiative de développement de l’Artsakh (dénomination arménienne du Haut-Karabakh), “les problèmes sont multiples”, car les hôtels abritent des personnes déplacées, les chemins menant vers les monastères et églises arméniens ne sont pas toujours sûrs et souvent les pèlerins sont accompagnés par les Casques bleus russes, installés ici depuis novembre 2020; le déminage est loin d’être terminé et “la ligne de front est peu claire”.

L’entrée sur le territoire est désormais réglementée par la mission de maintien de la paix russe.

 “Diverses initiatives sont en cours pour promouvoir le tourisme, en particulier auprès des Arméniens”, pour leur montrer “ce qu’il est encore possible de visiter, et à quel point c’est sûr”, affirme le ministre du Tourisme et de l’Économie, Guévorg Arakélian.

Le département du tourisme propose, depuis samedi 17 juillet, des visites subventionnées, notamment aux monastères de Gandzasar et d’Amaras et à la maison-musée de Nikol Douman, un chef de guérilla qui a combattu contre les empires ottoman et russe. “Les visites d’une journée coûtent 500 drams arméniens, soit un peu moins d’un dollar”, précise Eurasianet.

Un événement annuel, la Tech Week Armenia, s’est tenu samedi 3 juillet à Stepanakert, et a attiré 1 500 participants et 60 conférenciers-informaticiens d’Arménie et du Haut-Karabakh.

À l’initiative de Vahé Keuchguérian, directeur de l’Initiative de développement de l’Artsakh, une dégustation de vins karabakhis s’est tenue vendredi 9 juillet à Erevan.

Néanmoins, “la perte des deux tiers du Haut-Karabakh signifie la perte d’un potentiel touristique sérieux”, affirme Artyom Martirossian, propriétaire de la firme touristique ArmLand. Le professionnel estimait à deux ou trois ans le délai nécessaire pour retrouver les flux touristiques de 2018, à condition que “la frontière soit délimitée selon les cartes soviétiques”.

 

Source: Courrier International

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