“La France, un médiateur naturel au service du rapprochement entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan”

Jérôme Lambert, député de la Charente, membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et membre de l’Assemblée parlementaire de l’Otan, défend l’idée qu’il est du devoir de la France de jouer un rôle de médiateur entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Dans une tribune publiée jeudi 22 juillet sur le site de La Croix, le député analyse les relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et le rôle de la France dans le Caucase du Sud.

Jérôme Lambert note que la victoire du premier ministre Nikol Pachinian aux élections lui a permis de reprendre ses fonctions avec une majorité large et solide.

L’Arménie est maintenant à la croisée des chemins, affirme le député. “Le pays continuera-t-il à poursuivre son programme historique autodestructeur d’isolement régional, ou s’engagera-t-il sur la voie de la paix et la réconciliation?”, pose-t-il la question.

L’auteur de la tribune fait remarquer que la France a un important devoir à remplir sur la question de la paix durable entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, car elle est la coprésidente du Groupe de Minsk. “L’échec diplomatique de ce groupe a été l’un des facteurs dans la guerre entre les deux voisins, qui s’est terminée l’année dernière par le rétablissement de la souveraineté azerbaïdjanaise. Mais une paix durable n’est toujours pas réglée, et la France a désormais la possibilité d’agir. L’enjeu n’est pas seulement l’avenir du Caucase du Sud, mais aussi la réputation internationale de la France en tant qu’intermédiaire”.

Selon le député, l’efficacité du lobby de la diaspora arménienne, bien organisé sur notre territoire, a pu affaiblir la capacité de la France à remplir son rôle de médiateur impartial.

D’après Jérôme Lambert, “la France doit chercher à rééquilibrer son approche de la région. Les Français ont une longue et amère expérience des conflits avec leurs voisins, mais ils savent aussi que la coopération économique et la prospérité partagée peuvent surmonter les épisodes les plus traumatisants de l’histoire. Encourager et soutenir la coopération économique transfrontalière doit désormais devenir une priorité de la politique française du Caucase du Sud.”

Jérôme Lambert note que “pour le moment, l’économie arménienne reste paralysée. Trois de ses quatre frontières internationales sont fermées au commerce – avec la Turquie, l’Azerbaïdjan et même sa nation sœur, la Géorgie chrétienne. Seule la quatrième – avec l’Iran – est ouverte. Au nord, l’Arménie reste extrêmement dépendante de la Russie. Le moment est venu de normaliser le Caucase du Sud, de rouvrir les frontières et de rétablir des liaisons de transport vitales. Par ses canaux politiques, diplomatiques et économiques, il est temps pour Paris d’encourager l’Arménie à sortir de l’isolement.”

“L’opportunité d’investissement dans la région – notamment dans le territoire dévasté du Karabakh lui-même – est énorme, la puissante économie de l’Azerbaïdjan garantissant le rétablissement des infrastructures vitales pour permettre le retour d’un million de réfugiés internes dans leur pays d’origine. Mines, agriculture, énergie verte, transports, tourisme: ce ne sont là que quelques-uns des nombreux secteurs qui accueillent actuellement les investissements internationaux. La France peut à la fois restaurer sa crédibilité en tant que médiateur indépendant, contribuer à sécuriser les bases économiques d’une paix durable et promouvoir les intérêts commerciaux des entreprises françaises dans la région”, affirme Lambert.

 

Source: La Croix 

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