Jean-Luc Reitzer: “Le Groupe de Minsk devrait enfin faire son travail et parvenir à une paix équilibrée, juste et durable dans le Caucase du Sud”

Le député Jean-Luc Reitzer, qui est en visite diplomatique en Azerbaïdjan, a accordé une interview à l’agence de presse Trend, publiée mardi 27 juillet.

Jean-Luc Reitzer a noté que le but de la visite était la poursuite des relations amicales entre la France et l’Azerbaïdjan: “Vous savez que nous avons passé quelques moments difficils dans nos relations, en raison notamment du vote, non pas par l’unanimité des membres de l’Assemblée nationale, mais par une importante partie des membres de l’Assemblée nationale française, d’une motion en faveur de la reconnaissance du Haut-Karabakh. Je comprends très bien que cette initiative de certains parlementaires français a soulevé non seulement des questions, mais aussi un certain nombre de malentendus”, a dit Jean-Luc Reitzer.

“L’objectif de notre visite, c’est de montrer que l’Azerbaïdjan a encore beaucoup d’amis en France, notamment parmi les parlementaires, et d’autre part de faire en sorte que nous puissions rétablir un certain nombre de vérités concernant le vote de cette motion. Un autre objectif était aussi de rendre visite aux territoires libérés. Nous avons été à Fizuli, nous avons vu dans quel état se trouvaient les anciennes maisons des habitants azerbaïdjanais de ces régions, qui ont été malheureusement occupées pendant près de trente ans”, a souligné le député.

Le député de l’Assemblée Nationale a affirmé que le groupe de Minsk, dont la France est membre, devrait enfin faire son travail et parvenir à une paix équilibrée, juste et durable. “Il y a eu des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, il faut tout simplement que la communauté internationale impose l’application de ces résolutions du Conseil de Sécurité. Et ces résolutions étaient en faveur de l’Azerbaïdjan. Elles ont reconnu la souveraineté de l’Azerbaïdjan sur ces territoires, d’abord pour les sept districts qui ont été annexés, dont nous avons visité une partie, mais aussi pour le Haut-Karabakh. 

Et donc, il faut qu’enfin ce Groupe de Minsk, dont fait partie la France, fasse réellement son travail et puisse enfin trouver un équilibre, une paix juste et durable. Je pense que nous avons suffisamment de moyens de pression politiques, économiques, culturels pour faire en sorte que tout simplement ces accords soient d’abord appliqués et qu’ensuite on puisse établir des liens de confiance entre l’Azerbaïdjan, l’Arménie et la communauté internationale toute entière.”

Jean-Luc Reitzer a partagé son impression de ce qu’il avait vu lors de sa visite dans les territoires libérés de l’occupation: “C’était d’abord une impression de tristesse de voir dans quel état se trouvait le patrimoine qui était celui des habitants d’Azerbaïdjan dans ces parties qui ont été occupées et qui sont laissées dans un état de ruines complets. On a vu des bâtiments historiques, des mosquées, nous avons vu le palais d’un ancien gouverneur et nous avons vu dans quel état ce patrimoine se trouvait.

En même temps, j’ai retrouvé beaucoup d’espérances, parce que j’ai vu qu’il y avait déjà des projets. Il y a déjà des travaux colossaux, notamment dans le domaine routier qui sont en pleine réalisation. On a fait des kilomètres sur des chaussées qui étaient en train d’être restaurées et même sur des voies nouvelles construites. On a vu aussi qu’il y avait des projets de création de villes nouvelles. C’est à la fois beaucoup de tristesse, mais aussi une espérance en voyant que l’Azerbaïdjan est tourné vers l’avenir.”

Le député a fait savoir que lors de sa précédente visite en Azerbaïdjan, l’un des lieux qu’il avait visité était l’église arménienne à Bakou. Il a constaté que cette église avait été restaurée et que les documents qu’elle comprenait étaient préservés. “Je pense qu’il y a beaucoup de propagande dans les pays occidentaux, et tout particulièrement, en France, sur le saccage, dont on parle, du patrimoine cultuel et culturel arménien. J’ai constaté que, pour l’instant, il y avait plutôt une protection et une préservation de ce patrimoine”, a dit Jean-Luc Reitzer.

Le membre de l’Assemblée nationale a fait remarquer que la Fondation Heydar Aliyev avait beaucoup contribué à la restauration du patrimoine culturel français, notamment de la cathédrale de Strasbourg.

Selon Jean-Luc Reitzer, le partenariat entre la France et l’Azerbaïdjan dans le domaine de l’éducation doit être une priorité: “Je sais que l’Université de Strasbourg est en partenariat avec l’Université franco-azerbaïdjanaise, qu’il y a des échanges entre enseignants et qu’au début, les enseignants français étaient un peu réticents pour venir en Azerbaïdjan, parce qu’ils ne connaissaient pas ce dernier, et aujourd’hui je sais qu’il y a une concurrence farouche pour savoir qui sera choisi pour venir ici à Bakou, participer à ces échanges. Donc, vous voyez bien que c’est par la connaissance, par les échanges mutuels qu’on arrive à mieux se connaître et se comprendre.” 

 

Source: Trend (société de presse en Azerbaïdjan)

 

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