Géorgie: la crise politique repart de plus belle

Le pouvoir en place en Géorgie a dénoncé un accord, signé dans la douleur trois mois plus tôt, visant au déblocage du Parlement, a fait savoir La Croix, jeudi 29 juillet.

La Géorgie ne parvient pas à sortir de la crise politique.

Cette crise politique a commencé en octobre 2020 par le refus de l’opposition de siéger au parlement suite à des élections législatives qu’elle dénonçait comme frauduleuses.

Le parti au pouvoir en Géorgie et l’opposition ont signé, lundi 19 avril, un accord obtenu par une médiation de l’Union européenne pour mettre fin à cette crise. Le parti au pouvoir a dénoncé, mercredi 28 juillet, ce même accord.

Signé par le Rêve géorgien ainsi que par plusieurs partis d’opposition, à l’exception du Mouvement national uni (UNM), l’accord avait permis la libération de plusieurs personnalités politiques emprisonnées ces dernières années.

“Cent jours après sa signature, l’accord a déjà rempli sa mission et est arrivé à échéance”, a déclaré Irakli Kobakhidze, le leader du Rêve géorgien, le parti au pouvoir. 

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a, dans un communiqué publié jeudi 29 juillet, sobrement “pris note de la décision du Rêve géorgien”, assurant qu’il ne voyait “aucune alternative aux profondes réformes électorales et judiciaires ainsi qu’à des élections locales libres et transparentes”, deux aspects clés de l’accord du 19 avril.

L’ambassade des États-Unis à Tbilissi s’est dit “profondément troublée et exaspérée par la décision unilatérale du parti Rêve géorgien”.

Le parti au pouvoir a justifié sa décision par le refus de l’UNM de signer l’accord du 19 avril. Si le parti d’opposition avait accepté de revenir au parlement, il continuait de critiquer la partie du règlement relative à l’amnistie des figures d’opposition emprisonnées.

“L’UNM a commis une erreur en ne signant pas ce papier”, dit Khatuna Samnidze, une députée d’opposition et dirigeante du Parti républicain. “Mais ils ne sont pas responsables des actions du Rêve géorgien, qui se fichait d’ailleurs bien que l’UNM signe l’accord ou pas. Le Rêve géorgien porte la responsabilité de cet échec”, assure-t-elle.

Pour cette députée comme pour le reste de l’opposition, la véritable raison de la dérobade du pouvoir se trouve dans l’article 5 de l’accord, qui prévoyait des législatives anticipées dans le cas où le Rêve géorgien obtiendrait un score inférieur à 43 % aux élections locales prévues au mois d’octobre.

 

Source: La Croix

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