En Géorgie, le pouvoir montré du doigt après des violences

L’opposition dénonce le rôle trouble du gouvernement lors des violentes manifestations organisées lundi 5 juillet contre la tenue d’une marche LGBTQ, a fait savoir Le Figaro.

Quantité d’indices montrent que les violences qui ont eu libre cours au centre de Tbilissi les 5 et 6 juillet, dans une ambiance de pogroms antihomosexuels où l’on s’en est aussi pris aux symboles de l’Occident, ont été organisées et dirigées sur place par des groupuscules liés au pouvoir géorgien. Pourtant, le premier ministre Irakli Garibachvili dépeint ces événements comme la réaction d’une société où “95 % de la population sont contre la tenue d’une parade de propagande” homosexuelle.

“Aucune enquête sociologique ne montre que 95 % des Géorgiens sont contre les LGBT. Dans nos sondages, 44 % des répondants disent par exemple être contre la protection des droits des homosexuels”, explique Koba Tourmanidzé, directeur du Caucasus Research Resources Center.

“Mon cameraman Lekso et moi-même étions les derniers journalistes dans le bâtiment lorsque une soixantaine de partisans des groupes radicaux ont fait irruption. Ils se sont rués sur Lekso et l’ont frappé pendant quinze minutes, à coups de pied dans la tête. Moi on me tirait les cheveux et me disait de me taire pour toujours, comme journaliste”, raconte Miranda Baghaturia, journaliste de la chaîne d’opposition TV Pirveli.

Six jours plus tard, Lekso Lashkarava, 36 ans, était retrouvé mort dans son appartement. 

Au-delà de la haine déchaînée contre le tout petit groupe plaidant pour plus de tolérance sexuelle en Géorgie, “c’est l’Occident qui a été délibérément visé le 5 juillet”, dénonce Giga Bokeria, chef de la formation d’opposition la Géorgie Européenne. “Le drapeau européen a été décroché deux fois, une quarantaine de journalistes ont été blessés, le tout deux jours avant la visite à Tbilissi d’Olivier Várhelyi (commissaire européen au Voisinage et à l’Élargissement, NDLR) et la nomination de six juges de la Cour suprême, en violation totale des engagements pris par le Rêve géorgien (parti au pouvoir de M. Ivanichvili) dans l’accord négocié en avril par Charles Michel, le président du Conseil européen.”

Pour que l’opposition accepte d’occuper ses sièges, Charles Michel a négocié un accord dans lequel le pouvoir s’engage à amnistier les prisonniers politiques, à engager des réformes électorales et judiciaires et à accepter le principe de législatives anticipées si le Rêve Géorgien obtient moins de 43 % lors des élections locales du 2 octobre prochain.

 

Source: Le Figaro

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