Millî Görüs: l’association turque dans le viseur de l’exécutif

La Confédération islamique Millî Görüs est considérée comme un agent infiltré de la Turquie par le gouvernement, a fait savoir France Info lundi 3 mai.

Cette Confédération s’est développée via la diaspora turque et gère dans notre pays 71 salles de prière et mosquées.

Selon Samine Akgonul, historien, politologue et directeur du département d’études turques à l’université de Strasbourg, “s’il y a ingérence de l’Etat turc, ce n’est pas à travers Millî Görüs, il y a un réseau de l’islam officiel, le Ditib pour ceci. Mais, il y a un certain nombre de sujets nationaux sur lesquels Millî Görüs peut tenir le même discours qu’Ankara, comme l’islam sunnite, comme la question du halal, comme la prière.”

Pour le ministre de l’Intérieur, Millî Görüs fait partie “des ennemis de la République”. Millî Görüs est vu par l’exécutif comme l’agent infiltré de la Turquie et se retrouve donc dans son viseur. En particulier depuis son refus de signer la charte des principes de l’Islam de France début avril où les signataires s’engagent à lutter contre l’islam politique et contre les ingérences étrangères.

“Si vous parlez de Millî Görüs, c’est quand même une organisation qui a toujours été indépendante envers n’importe quel État, y compris la Turquie. On n’est plus jugé sur des faits, on est uniquement jugés sur des suppositions et on est blessés”, dit Fatih Sarikir, le président de Millî Görüs en France.

Fatih Sarikir a reçu une menace de mort qui l’accuse “d’être au service de l’islamisme turc”.

À Corbeil-Essonnes, il y a l’une des plus anciennes écoles affiliées à cette structure. Une école installée en 2013, au sein même de la mosquée de la ville et qui regroupe 250 élèves de la maternelle au lycée. Pour les parents d’élèves interrogés, l’aspect confessionnel n’est pas leur priorité. “C’est pour le bien de nos enfants, déclare un père de famille. Ils ont un très bon niveau en français et en anglais”.

Fatih Sarikir, le président de Millî Görüs l’affirme, ces écoles sont déjà largement contrôlées: “Les établissements privés hors contrat musulmans sont soumis à des contrôles inopinés de l’inspection du travail et des forces de l’ordre ou des inspecteurs de l’Académie. Tout le personnel est contrôlé chaque année. L’objectif, que nous nous donnons est de pouvoir donner un cadre d’enseignement digne afin que nos élèves soient parfaitement épanouis dans la société dans laquelle ils vivent, qu’ils soient fiers d’être Français et musulmans.” C’est pourquoi Fatih Sarikir veut maintenir son projet d’école Millî Görüs à Albertville. 

Interrogé par France Info, le ministère de l’Intérieur confirme qu’il s’opposera à cette ouverture d’école mais ne demande pas la dissolution de Millî Görüs.

 

Source: France Info

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