En Turquie, le génocide arménien reste tabou

Les réactions turques se sont multipliées à la suite de la reconnaissance du génocide arménien par le président américain Joe Biden, rapporte La Croix vendredi 7 mai.

Du parti présidentiel de l’AKP à l’opposition kémaliste, tous dénoncent une instrumentalisation politique de l’histoire, ainsi qu’une ingérence dans les affaires turques. Seul le HDP, la gauche prokurde, s’est démarqué sur ce dossier en reconnaissant le génocide et en appelant l’État à faire de même.

Le politologue Baskın Oran fait partie des initiateurs de la pétition lancée en 2008 pour présenter des excuses aux Arméniens. “L’usage du terme de “génocide” dissuadait les Turcs de considérer la question et que cela compliquait encore davantage le dialogue entre la Turquie et l’Arménie”, dit-il.

Pour Suna, 23 ans, étudiante en histoire, la réalité du génocide ne fait pas de doute et elle se réfère aux solutions défendues par le journaliste assassiné Hrant Dink: “Ce sont les peuples concernés qui doivent se rencontrer et en parler”. 

Cependant, elle ajoute que les propos de Joe Biden sur le génocide n’ont pas de crédibilité à ses yeux. “Biden n’est que le président d’un pays impérialiste qui a massacré des populations au Vietnam et en Irak ”, dit-elle.

“Nous n’avons pas de responsabilité directe mais nous avons la responsabilité de faire toute la lumière sur ce qui s’est passé”, affirme Baskın Oran.

 

Source: La Croix

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