Lutte contre l’islamisme radical en France: Milli Görüs dans le viseur du gouvernement

L’organisation turque Milli Görüs, qui projette de construire la plus grande mosquée de France à Strasbourg, est au cœur d’une vive polémique, a fait savoir France 24 lundi 5 avril.

Alors qu’une décision doit prochainement être rendue par la municipalité de Strasbourg concernant le financement de la plus grande mosquée de France, le gouvernement, par la voix de son porte-parole Gabriel Attal, a vivement critiqué l’organisation d’influence turque Milli Görüs, initiatrice du projet, jugeant qu’elle n’avait pas vocation “à avoir des activités” en France. 

Le budget officiel de ce projet, baptisé Eyyub Sultan d’après un sanctuaire islamique de la ville d’Istanbul, est de 25 millions d’euros. Le 22 mars 2021, la municipalité a voté un accord de principe pour le financement de 10 % de cette somme. Lancé il y a plus de dix ans sur la base de financements privés, le chantier de la mosquée de Strasbourg a été interrompu en 2019, faute de fonds.

En France, Milli Görüs gère 70 mosquées. Elle siège au Conseil français du culte musulman (CFCM).

Sur son site Internet, Milli Görüs revendique être “un acteur incontournable de la vie des musulmans de France”. Loin d’y voir une image neutre, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, l’accuse de pratiquer un “islam politique”.

En novembre 2020, le ministre de l’Intérieur a dissous le groupe d’extrémistes turcs, les Loups gris. Marine Le Pen est alors montée au créneau en accusant Gérald Darmanin de faire un “coup de com” et affirmant que la vraie menace venait de Milli Görüs.  

Deux mois plus tard, le Conseil français du culte musulman (CFCM) publie, à la demande du gouvernement, la “Charte des principes de l’islam de France”. Ce texte, qui a pour but de lutter contre l’Islamisme radical, rejette explicitement l’islam politique.

Trois fédérations du Conseil français du culte musulman (CFCM), dont Milli Görüs, refusent alors de le signer en l’état, jugeant que certains passages “sont de nature à fragiliser les liens de confiance entre les musulmans de France et la Nation”. Le ministre de l’Intérieur affirme qu’il n’y a “rien à “négocier” et prévient que l’État multiplierait les contrôles visant ces associations.

“Milli Görüs est, certes, une organisation sunnite, conservatrice mais ce ne sont ni des salafistes ni des terroristes”, estime Samim Akgönül, historien et directeur du département d’études turques à l’université de Strasbourg. “Elle est très peu présente dans la vie publique française; tout s’y passe en langue turque et elle cherche avant tout à fédérer la diaspora pour peser sur les élections en Turquie.”

 

Source: France 24

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