Ankara cherche à se présenter sous un meilleur jour

Le président turc accueille, ce mardi 6 avril, les présidents des institutions européennes, a fait savoir Le Figaro.

De la Syrie à la Libye, en passant par Chypre, la Turquie exerce aujourd’hui une influence indéniable. Quand elle n’est pas impliquée directement dans une crise, elle cherche à s’imposer comme médiateur: Istanbul, capitale économique du pays, devrait prochainement être le théâtre de pourparlers de paix afghans, selon le ministère turc des Affaires étrangères.

Selon la journaliste Delphine Minoui, “pour briser son récent isolement, Ankara a relancé les discussions avec la Grèce autour des hydrocarbures. Les autorités turques se sont également lancées dans une offensive de charme envers l’Égypte.”

D’après la journaliste, Ankara espère aussi regagner la confiance des investisseurs et des touristes européens. La modernisation de l’union douanière, qui devrait être à l’ordre du jour des discussions de ce mardi, permettrait ainsi à la Turquie d’être un membre à part entière du principal marché unique au monde.

Delphine Minoui affirme que la Turquie, qui héberge quelque 3,6 millions de réfugiés syriens, sait aussi que l’Europe a besoin d’elle. Et elle entend bien profiter de la visite de Charles Michel et Ursula von der Leyen pour renégocier l’accord migratoire controversé de 2016, qui consistait à maintenir sur son territoire les candidats au départ clandestin vers la Grèce en échange d’un soutien financier.

Ces dernières années, le président Erdogan a plusieurs fois menacé les Européens d’ouvrir le “robinet migratoire”. “C’est un fait: la Turquie fait à la fois partie de la solution et du problème”, concède un observateur proche du dossier, en prédisant une nouvelle enveloppe budgétaire pour tenter, si ce n’est de régler la crise, du moins d’en éviter une nouvelle.

 

Source: Le Figaro

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