Les répliques de la défaite militaire continuent de secouer l’Arménie

Le premier ministre Nikol Paсhinian, critiqué depuis la défaite de son pays dans la guerre contre l’Azerbaïdjan l’année dernière, exclut de démissionner, rapporte La Croix mardi 2 mars.

Des élections législatives anticipées et un référendum sur un retour à une forme de gouvernement semi-présidentielle: plus que jamais sous pression, le premier ministre arménien Nikol Pachinian a tenté, lors d’une nouvelle manifestation de soutien le 1er mars, d’esquisser une voie de sortie de la crise politique qui secoue le pays depuis une semaine.

Nikol Pachinian s’est excusé face à ses soutiens pour les “erreurs commises ces dix derniers mois”. 

“Cette crise est une continuation du statu quo d’après-conflit, parce que cette deuxième guerre du Karabakh a complètement changé la perspective que pouvait avoir l’Arménie d’elle-même”, explique Dionis Cenusa, politologue et doctorant à l’université Justus-Liebig de Giessen, en Allemagne.

Tout part la semaine dernière d’une affaire autour du missile balistique russe Iskander, acquis par l’Arménie en 2016. Lors d’une interview publiée le 23 février, Nikol Pachinian fait mine de s’interroger sur la fiabilité de missiles qui n’auraient, dit-il, explosé “que dans 10 % des cas”. Le chef adjoint de l’état-major de l’armée arménienne critique dès le lendemain cette déclaration, une sortie qui lui vaut un limogeage immédiat.

Près de quarante membres de l’état-major accuse le premier ministre “d’erreurs” qui auraient “mis le pays au bord de l’effondrement”, et réclame son départ.

Critiqué autant par l’opposition et l’armée, que par une partie de la société civile, Nikol Pachinian s’est malgré tout accroché au pouvoir, réunissant ces derniers jours plusieurs dizaines de milliers de soutiens dans la capitale.

 

Source: La Croix

 

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