Les investissements français sont-ils de retour en Arménie?

Trois mois après le cessez-le-feu obtenu par Vladimir Poutine entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, pour clôturer le conflit dans le Haut-Karabakh, un coup d’arrêt a été donné à l’embellie économique que vivait le pays depuis sa Révolution de Velours, en 2018, rapporte le magazine Challenges.

A Erevan, la société Amundi-ACBA continue à développer ses activités de gestion de fonds pour les retraites auprès du gouvernement. Hovik Mazedjian est le directeur général de cette société franco-arménienne créée en 2013. Avec Amundi-ACBA, l’Etat arménien a trouvé un partenaire de poids pour gérer une partie des fonds de pension du pays. Comme l’explique Hovik, “le salaire mensuel moyen, ici, est d’environ 200.000 drams, ce qui correspond à plus ou moins 350 euros. Et, actuellement la retraite mensuelle moyenne s’établit entre 30.000 et 50.000 drams (50 à 90 euros). Or, un loyer à Erevan se situe entre 60.000 et 200.000 AMD par mois (100 à 350 euros) Vous comprendrez qu’une grande partie des retraités de ce pays ne peut pas vivre décemment de sa pension. Notre objectif est de participer à la valorisation du système de retraite, qui est fondé sur deux piliers: la retraite d’Etat actuelle, et, la retraite par capitalisation.”

Avec sa petite équipe de 9 personnes, Hovik participe au développement du pays. Leurs fonds de pension viennent d’investir 6 millions de dollars dans un nouveau fonds géré par Amber Capital, destiné au financement des PME. Hovik et son équipe essaient de mettre en place des projets avec la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Arménienne (CCIFA). 

“Il y a, notamment, ce projet ferroviaire qui va permettre de désenclaver l’Arménie et de la relier directement à la Russie”, déclare Hovik. Dans ce projet, le conglomérat industriel est composé d’une entreprise française, Arterail.

De grandes enseignes françaises sont présentes en Arménie. Carrefour a ouvert son premier hypermarché en 2015, puis, son second en 2018 dans le Yerevan Mall, l’un des cinq malls de la capitale. Dans le secteur de l’eau, l’Arménie coopère avec la compagnie Veolia. Arrivé en 2006 en Arménie, pour la gestion des services de l’eau de la capitale, ce groupe mondial a remporté un contrat très important en 2017: 800 millions d’euros sur 15 ans, pour l’affermage des services d’eau et d’assainissement sur tout le territoire. Veolia en Arménie emploie plus de 1.500 personnes. C’est l’un des principaux employeurs du pays.

Veolia dans les quatre prochaines années va investir au moins 200 millions d’euros, via un financement de la Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), la banque publique d’investissement allemande KfW et la Banque européenne d’Investissement (BEI).

A travers des concessions automobiles, Peugeot et Renault Trucks-Volvo sont bien présents.

D’autres entreprises françaises ont des représentations en Arménie, comme Alstom, Air France, Biomérieux, Michelin et Saint-Gobain.

Il y a, aussi, le grand cabinet d’audit, d’expertise et de conseil Grant Thornton.

Mais, en tout, il y aurait seulement une petite centaine d’entreprises françaises enregistrées en Arménie. Les entreprises françaises semblent ne pas se bousculer pour investir massivement dans l’Arménie.

Les investissements français en Arménie sont, donc, de second ordre, par rapport à la Russie, et à l’Allemagne qui arrivent en première et seconde place des investissements directs étrangers (IDE).

 

Source: magazine Challenges

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