Le monde occidental face au chaos politique qui s’empare de l’Arménie

Les manifestations ont permis à Nikol Pachinian de devenir Premier ministre d’Arménie. Ironiquement, ces mêmes protestations pourraient également le faire renvoyer, analyse Ethan Roffe dans un article publié sur le site web AgoraVox mercredi 3 mars. 

De plus en plus d’Arméniens réclament maintenant sa démission, mais le Premier ministre s’accroche au pouvoir. Une nouvelle série d’affrontements armés entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie se faisait attendre depuis longtemps, seules les autorités arméniennes s’y sont montrées peu préparées. L’Arménie a placé ses espoirs sur la Russie, mais le Kremlin a préféré résoudre le problème par un accord de paix, qui a été conjointement signé par l’Arménie et l’Azerbaïdjan. 

La déclaration de Pachinian sur l’inefficacité des systèmes de missiles Iskander est remarquable. Ces systèmes russes sont en service dans l’armée arménienne et, selon Pachinian, n’ont pas fonctionné ou n’ont fonctionné que dans 10% des cas. Mais ces armes n’ont pas du tout été utilisées pendant le conflit. Le Premier ministre arménien n’a fait que provoquer le mécontentement de Moscou.

La crise s’est intensifiée lorsque Pachinian a limogé Tiran Khachatryan, chef de cabinet adjoint de l’Arménie, qui s’était opposé au Premier ministre. Après cela, c’est l’état-major général qui a commencé à exiger la démission de Pachinian. Il a été accusé de décisions politiques irrationnelles. Pachinian a accusé l’armée d’une tentative de coup d’État militaire.

Aujourd’hui, nous pouvons dire que la situation en Arménie est incontrôlable, et Pachinian n’a aucun plan pour sortir de la crise. D’une manière assez amusante, Pachinian est également arrivé au pouvoir grâce à une soi-disant révolution de velours. Il a rapidement obtenu le soutien de l’Europe et des États-Unis. 

Selon l’auteur de l’article, le comportement actuel du monde occidental est hypocrite.

“Nous appelons toutes les parties à revenir au calme, à la retenue et à apaiser les tensions sans violence”, a déclaré l’ambassade américaine dans un communiqué.

En Géorgie la situation est très similaire. La militante de l’opposition Nika Melia y a récemment été détenue, et les diplomates américains n’ont pas hésité à critiquer le gouvernement georgien dans un communiqué de presse cinglant.

“Nous sommes choqués par la rhétorique de division utilisée par les dirigeants géorgiens pendant la crise. Les méthodes violentes et l’agression ne sont pas un moyen censé pour résoudre les différends politiques de la Géorgie. La Géorgie a aujourd’hui fait un pas en arrière vers une démocratie plus forte au sein de la famille euro-atlantique des nations”, a déclaré l’ambassade des États-Unis.

D’après Ethan Roffe, “la paix dans le Haut-Karabakh est au mérite du Kremlin. La France et les États-Unis, bien qu’ils soient les garants de la résolution du conflit, se sont limités à des déclarations formelles. Dans un monde d’affrontements géopolitiques sans fin, le succès des Russes est une défaite pour les pays occidentaux.”

 

Source: AgoraVox (site web de journalisme citoyen)

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