L’Arménie hantée par le sort des disparus de la guerre

Les centaines de foyers arméniens cherchent à connaître le sort de leurs proches, rapporte L’Obs jeudi 11 mars. Ils vont aux morgues, laissent des échantillons d’ADN, interrogent les soldats revenus du front et interpellent les politiques.

Rouzanna Vartanian cherche son fils aîné Sarkis, disparu comme de nombreux autres soldats arméniens lors du récent conflit au Haut-Karabakh. Ce conscrit de 18 ans n’a plus donné de nouvelles quelques semaines après le début à l’automne 2020 des hostilités entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Le père, Arman, a été tué lors du conflit de six semaines après s’être précipité au front pour combattre aux côtés de son fils.

A la faveur du cessez-le-feu, les deux camps ont convenu d’échanger tous les prisonniers de guerre et les restes des soldats tués au combat. Selon Moscou, 63 Arméniens et 16 Azerbaïdjanais ont pu retourner chez eux et Erevan comme Bakou assurent ne plus avoir de captifs.

Bakou affirme détenir encore environ 60 personnes capturées lors d’échauffourées qui ont suivi l’accord de paix, les qualifiant de “terroristes” et de “saboteurs”. Mais l’Arménie est convaincue que Bakou retient davantage de prisonniers.

Les proches des disparus assurent que ce sont avant tout eux, et non les autorités, qui s’occupent des recherches.

Arsen Goukassian, l’oncle de Sarkis, a cessé de travailler pour se dédier à cette tâche. “Les responsables admettent eux-mêmes que nous avons rassemblé plus d’informations qu’eux”, révèle-t-il. 

 

Source: L’Obs

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