“Il n’y aura pas d’apaisement réel avec la Turquie tant qu’elle restera dominée par le pouvoir actuel”

Recep Tayyip Erdogan, a déclaré vouloir “coopérer” avec la France sur la question du terrorisme. Pour le spécialiste en politique internationale, Christian Makarian, cette déclaration n’est qu’une manœuvre supplémentaire visant à déstabiliser l’Europe et la France, rapporte Le Figaro jeudi 4 mars.

Christian Makarian, éditorialiste de politique internationale, auteur de Généalogie de la catastrophe, Retrouver la sagesse face à l’imprévisible, a accordé l’interview au Figaro où il analysait les relations entre la France et la Turquie.

Selon Makarian, en changeant brusquement de ton vis-à-vis de la France et en prétendant s’orienter vers un “agenda positif” à l’égard de l’Union européenne, Erdogan cherche à fracturer davantage l’Union européenne. 

La France est, avec la Grèce, le pays le plus déterminé en Europe à durcir le ton: le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves le Drian est allé jusqu’à évoquer la menace de suspension de l’union douanière dont bénéficie généreusement la Turquie dans ses échanges avec l’Union européenne. L’Allemagne, à l’inverse, cherche à maintenir coûte que coûte le dialogue et favorise tous les compromis possibles.

L’écrivain affirme que “l’angle que le président turc a choisi pour faire mine de se rabibocher avec Paris est censé plaire à tout le monde et c’est en ce sens qu’il a déclaré: “Nous pouvons contribuer de manière significative à la stabilité et à la paix de l’Europe au Caucase et du Proche-Orient à l’Afrique. Il existe également des mesures que nous pouvons prendre ensemble contre les organisations terroristes”.

D’après Christian Makarian, “Erdogan cherche principalement à être celui par lequel toute solution doit obligatoirement passer: le partenaire incontournable”. La Turquie veut compter de façon décisive dans tous les dossiers méditerranéens et même africains.

Le changement d’administration à Washington a fait perdre à Erdogan un de ses meilleurs partisans, Donald Trump. Nul doute que l’ère Biden s’annonce beaucoup moins favorable au président turc, ce qui l’incite d’autant plus à revenir mielleusement vers l’Europe.

Christian Makarian estime qu’Erdogan essaiera de jouer le rapprochement lors du Conseil européen des 25-26 mars, en proposant de renouer les liens, par exemple au moyen d’une visite en Turquie d’Ursula von der Leyen et de Charles Michel.

 

Source: Le Figaro

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