En Turquie, Erdogan déclenche une nouvelle tempête boursière

La décision de Recep Tayyip Erdogan de limoger le gouverneur de la banque centrale, annoncée par décret vendredi 19 mars, inquiète les investisseurs, a fait savoir Le Figaro

Le relèvement de 200 points de base du principal taux directeur visant à juguler une inflation ayant atteint 15,6 % en février avait été salué par les marchés avec un bond de 2 % de la devise. Mais le président turc est contre les taux d’intérêt élevés. 

Le choix de Sahap Kavcioglu suscite de “nouvelles inquiétudes légitimes, puisque ce professeur de finance, ancien député AKP, défend à rebours des théories classiques sur la baisse des taux pour lutter contre l’inflation dans la droite ligne du président Erdogan”, note Sylvain Bellefontaine, économiste risque pays pour l’Agence française de développement.

Selon l’économiste de la banque BNP Paribas, Stéphane Colliac, “la nomination en novembre d’un ancien ministre des Finances, après un nouvel accès de crise de change, avait redonné confiance dans la perspective d’une politique plus crédible”.

Le climat des affaires dégradé pèse sur les investissements étrangers. 

Le déficit extérieur s’est aggravé avec la crise du Covid, qui a asséché les recettes touristiques, et la hausse des achats d’or de précaution des ménages turcs. 

La défiance touche les investisseurs locaux et les épargnants. Les dépôts bancaires sont à 55 % libellés en devises étrangères, un des niveaux les plus hauts au monde.

“L’inflation qui pèse sur le pouvoir d’achat et le chômage, notamment chez les jeunes, sont désormais les principales sources de mécontentement de la population”, note Sylvain Bellefontaine.

Pour atténuer l’impact de la pandémie sur l’activité, Ankara a limité le confinement aux grandes villes et le week-end.

 

Source: Le Figaro

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