Accusation d’ingérence turques: l’arbre qui cache la forêt

Selon le Président Macron, les tentatives d’ingérence turque aux prochaines élections sont bien réelles. Mais au-delà de son argument donnant l’exemple d’Erdogan appelant les turcs d’Allemagne à ne pas voter pour Merkel, sans oublier les déclarations d’Erdogan qui selon lui “la France ne mérite pas un président comme Macron”, le président français tente une nouvelle stratégie électorale où il ne peut qu’être gagnant, a fait savoir Medyaturk dimanche 28 mars.

Macron affirme que des agissements comme l’ingérence turque sont inacceptables et laisse entendre que la France n’a jamais pratiqué l’ingérence dans les pays tierces.

Or, pendant la période coloniale, il n’est pas question d’ingérence mais purement de gouvernance. 

En 2006, l’ancien Président du Tchad, Idriss Déby accuse la France d’avoir tout fait pour le maintenir au pouvoir allant jusqu’à changer la constitution tchadienne. À cette époque, Idriss Déby ne voulait pas se représenter. L’ambassadeur français de l’époque, Jean Pierre Berçot, affichait son soutien à Idriss Déby tout en attaquant l’opposition.

Michèle Alliot-Marie a proposé en 2011 le savoir-faire français pour mater les manifestants tunisiens alors en pleine révolution dite du printemps arabe. 

Medyaturk cite également les formes d’ingérences d’Emmanuel Macron, comme le soutien aux groupes, qu’il qualifie de rebelles, en Syrie et Irak, le soutien au putschiste Maréchal Haftar en Libye, le soutien au candidat algérien, Abdelmadjid Tebboune qui a provoqué un tollé chez les opposants.

Macron n’hésite pas à prendre en otage la communauté turque sur son sol en interdisant les classes Elco turques et menaçant la dissolution des associations, estimées à tort ou à raison, proches de la Turquie, comme l’IGMG, une confédération islamique, proche de la pensée de Necmettin Erbakan. Erdogan a pourtant quitté le mouvement d’Erbakan et a fondé son propre parti en 2001.

Le président turc a été accusé de traîtrise non seulement de la part des partisans du mouvement mais aussi d’Erbakan en personne.

En souhaitant dissoudre l’IGMG, il est clair que dans une telle éventualité, Emmanuel Macron s’en prendrait plus à un allié qu’à une supposée émanation du pouvoir turque.

 

Source: Medyaturk

Print Friendly, PDF & Email