Des enseignants français dans l’engrenage des tensions entre Ankara et Paris

Sur fond de tensions franco-turques, une quinzaine d’enseignants français de l’université Galatasaray, à Istanbul, se sont vus refuser le renouvellement de leur permis de travail. Ils risquent l’expulsion, a fait savoir Le Télégramme lundi 22 février.

Tout commence en septembre lorsque les enseignants français, sans nouvelles de leur permis de travail renouvelable chaque année, sont sommés, pour la première fois, de passer un test évaluant leur connaissance du turc. En décembre, ils apprennent que seuls ceux ayant atteint le niveau avancé B2 – six enseignants au total – seront autorisés à rester.

Seul le certificat délivré par l’institut Yunus Emre est accepté. Problème: celui-ci n’organise plus de tests en raison de la pandémie.

Pour ceux qui sont arrivés cette année, la situation est pire: n’ayant jamais obtenu de permis de résidence, ils n’ont pas le numéro d’identité turc qui leur permet d’ouvrir un compte bancaire, de prendre les transports ou un abonnement téléphonique.

Dans cette affaire, les professeurs ont l’impression que Paris est “impuissant”.

Signe que la situation pourrait s’aggraver, le ministère turc de l’Éducation a fait savoir le mois dernier qu’il comptait évaluer le niveau de turc de tous les professeurs étrangers, “à commencer par les enseignants français”.

L’inquiétude commence donc à se répandre dans les lycées francophones. Dans un geste d’unité, les professeurs français et turcs de Galatasaray doivent lire, ce mardi 23 février, une déclaration commune devant l’université.

 

Source: Le Télégramme (le quotidien de la Bretagne)

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