Crise politique en Arménie: l’opposition appelle Pachinian à éviter “la guerre civile”

Le Premier ministre arménien​, Nikol Pachinian​, a dénoncé jeudi 25 février une tentative de coup d’Etat et limogé le chef des forces armées qui avait appelé plus tôt à sa démission.

Gauthier Rybinski, chroniqueur international France 24, analyse la situation:

“Pachinian a encore des partisans parce que face à lui, cette opposition n’est pas forcément unie dans son programme et dans ses volontés. Et de ce fait, Pachinian a encore une carte à jouer qui est celle de ce mouvement qui lui a apporté au pouvoir en 2018, c’est quelque chose qui compte très fort, parce que les arméniens ont mis beaucoup de temps, comme les autres anciens républiques soviétiques, à se débarrasser d’une forme de la nomenclature ex-soviétique russe qui tentait de maintenir justement ces anciens républiques soviétiques sous une forme de domination paternaliste. Pachinian est un peu l’homme de la rupture par rapport à cela. Est-ce que, à la faveur de cette situation qui est évidemment la conséquence de la défaite arménienne au Haut-Karabakh, il va y avoir de la part des arméniens, cette volonté de sacrifier Pachinian dans lequel ils ont beaucoup cru? Ce n’est pas certain. 

L’armée, effectivement, a bougé, a fait sentir qu’elle était prête à intervenir mais il y a encore des unités de l’armée arménienne qui sont toujours fidèles à Pachinian. Il y a, certes, la blessure de la défaite. C’est vrai que c’est très important quand on parle aux arméniens du Haut-Karabakh. Mais, est-ce qu’ils ne craignent pas, à la faveur de ce mouvement, de retourner en arrière, justement pour se trouver dans cette époque où les soviétiques, les russes avaient la mainmise? C’est quelque chose qui les fait réfléchir, d’autant que, évidemment, il y a aussi cet abandon par Vladimir Poutine, l’abandon des arméniens en rase campagne auquel ils ne s’attendait pas franchement, puisqu’il y a des accords de coopération avec la Russie et puis, surtout, il y avait l’idée que l’Arménie chrétienne était un bastion face à d’autre pays musulmans et que Vladimir Poutine jouait là-dessus. Il n’a pas joué là-dessus. Il y a d’autres raisons, c’est une autre affaire. Mais cela incite aussi les arméniens à reconsidérer ce mouvement. 

Il faudrait digérer cette défaite au Haut-Karabakh en essayant de voir comment on peut recoller les morceaux et surtout comment on peut s’habituer à ne pas être aussi obsédé par la possession de la terre. Et c’est aussi l’amélioration des conditions de vie des arméniens. 

Tout n’a pas commencé le 9 novembre avec l’accord sur le cessez-le-feu Le conflit du Haut-Karabakh a commencé au moment de l’effondrement de l’Union Soviétique comme d’autres conflits du Caucase. L’accord du 9 novembre était le point de non-retour. D’ailleurs, on a cherché des coupables c’est pour cela que l’opposition accuse Pachinian de trahison. Il fallait trouver une raison, parce que sinon cela n’était pas admissible. Et ce qui n’était pas admissible, c’est la Turquie qui aide les azerbaïdjanais. Et deuxièmement, le coup de théâtre avec la Russie qui hésite un peu et qui donne finalement son point de vue, qui permet cet accord très favorable à l’Azerbaïdjan qui a reconquis ses terres.”

Crise politique en Arménie : l'opposition appelle Pachinian à éviter "la guerre civile"

 

Source: Chaîne Youtube de France 24

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