Arménie: l’armée entre en scène, le pays au bord de l’implosion

L’état-major réclame la démission du premier ministre Nikol Pachinian, sous pression depuis la défaite du pays face à l’Azerbaïdjan, dans le Haut-Karabakh, a fait savoir Le Monde vendredi 26 février.

Commencée sitôt après le cessez-le-feu signé sous l’égide de Moscou, le 9 novembre 2020, mettant fin aux affrontements armés avec l’Azerbaïdjan pour le contrôle du Haut-Karabakh, la crise politique s’aggrave en Arménie. Les forces armées de la République d’Arménie exigent la démission du premier ministre et du gouvernement. 

Nikol Pachinian a appelé ses partisans à descendre dans la rue. Muni d’un porte-voix, il a exhorté les militaires à s’occuper de leurs affaires, “protéger les frontières et l’intégrité territoriale de l’Arménie”. 

Puis M. Pachinian s’est adressé à ses opposants: “Ceux qui ont volé le peuple n’ont pas la possibilité de revenir au pouvoir. ”

Des partisans du premier ministre se sont jetés sur des véhicules porteurs du portrait de M. Pachinian maculé de sang. Quelques coups de poing ont été échangés.

Le premier parti d’opposition, Arménie prospère, a appelé le premier ministre à “ne pas mener le pays vers la guerre civile et une effusion de sang”. “Pachinian a une dernière chance de partir sans qu’il n’y ait de troubles”, a-t-il ajouté. 

“La crise en Arménie prend une tournure dangereuse, car l’armée est toujours restée en dehors de la politique”, rappelle sur Twitter Thomas de Waal, analyste à Carnegie Europe et spécialiste du Caucase du Sud. Pour rester au pouvoir, Pachinian tente maintenant de faire face à toute l’élite, y compris l’Eglise et le président Armen Sarkissian. Et, comme à son habitude, il se tourne vers la rue pour obtenir un soutien.”

Vladimir Poutine s’est “prononcé en faveur du maintien de l’ordre et du calme en Arménie, en résolvant la situation dans le cadre de la loi”, selon le compte rendu du Kremlin.

Les Etats-Unis ont de leur côté appelé à la “retenue et à s’abstenir de tout acte de violence ou qui favoriserait une escalade” en Arménie. “Nous suivons la situation de près, a déclaré le porte-parole du département d’Etat américain, Ned Price. Nous rappelons à toutes les parties le principe démocratique fondateur selon lequel les forces armées d’un Etat ne doivent pas intervenir dans les affaires politiques intérieures.”

 

Source: Le Monde

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