Les rêves brisés des Syriaques de Turquie

Revenues au début des années 2000 dans leurs villages après en avoir été chassées, les familles de cette vieille communauté chrétienne craignent d’être prises en étau entre le pouvoir d’Ankara et la guérilla du PKK, rapporte Le Figaro mercredi 13 janvier.

L’envoyée spéciale du Figaro, Delphine Minoui, s’est rendue à Midyat (Sud-Est turc).

Elle a rencontré Aziz Demir, restaurateur de 53 ans, a connu la fuite à Zurich, en 1986; la destruction de son hameau, Kafro, lors des combats entre l’armée et la guérilla du PKK; la mort de certains coreligionnaires. 

Depuis son retour au pays, il y a quatorze ans, il a rebâti sa maison, fait restaurer l’église locale, ouvert sa pizzeria. 

En 2015, de violents accrochages ont de nouveau eu lieu dans la région. 

“Être syriaque, c’est vivre avec la peur, accepter l’incertitude du quotidien”, concède Kuryakos Ergün, 53 ans, qui reçoit l’équipe du Figaro à la porte de Deyrul Zafaran, le monastère dit le “Jérusalem des Syriaques”. “Quand l’AKP est arrivé au pouvoir, nous avons salué cette volonté de préserver le patrimoine. Avec l’aide des autorités, de nombreuses familles, comme la mienne, ont pu, entre 2005 et 2011, récupérer leurs propriétés confisquées par l’État”, raconte-t-il. 

L’ambiguïté du statut des Syriaques de Turquie renforce leur vulnérabilité. Contrairement aux communautés grecque, juive et arménienne, ils ne sont pas officiellement reconnus comme minorité de l’État turc. “Du coup, notre communauté n’est pas protégée par les clauses du traité de Lausanne de 1923, qui garantit la liberté de culte aux minorités et leur permet d’avoir leurs propres écoles ou hôpitaux”, Kuryakos Ergün.

 

Source: Le Figaro 

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