La patte de velours d’Erdogan n’amadoue pas les Européens

Après l’arrivée de Joe Biden et la promesse d’un retour des Etats-Unis en Méditerranée, Ankara tente d’apaiser ses relations avec l’Union. Erdogan reste en position de force, l’accord sur les réfugiés, signé en 2016, arrivant bientôt à échéance, rapporte Libération lundi 25 janvier.

Le journaliste Jean Quatremer analyse la politique d’apaisement menée par Recep Tayyip Erdogan.

Dès le mois de décembre, le président de la Turquie a rompu avec sa stratégie de la tension en envoyant ses vœux de prompt rétablissement à Emmanuel Macron, qui venait d’annoncer qu’il souffrait du Covid-19.

Le 10 janvier, le chef de l’Etat français a répondu à Recep Tayyip Erdogan qu’il était tout à fait désireux d’échanger avec lui pour évoquer les principaux sujets d’intérêt commun, notamment les perspectives de la relation entre l’Union européenne et la Turquie.

Le président turc a envoyé à Bruxelles, la semaine dernière, son ministre des affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, pour inviter les présidents des institutions européennes à se rendre à Ankara.

Il a annoncé que son pays cesserait ses forages gaziers dans les eaux chypriotes jusqu’en juin prochain. Et, ce lundi, des négociations ont eu lieu à Ankara avec la Grèce afin d’essayer d’apaiser les tensions entre les deux pays.

Selon le journaliste, si Erdogan fait patte de velours, c’est en raison de l’élection du démocrate Joe Biden qui devrait signer le retour des Etats-Unis sur la scène mondiale.

Reste que la Turquie est toujours en position de force vis-à-vis de l’Union, non seulement parce que cette dernière n’est pas une puissance militaire, mais aussi parce que la Turquie détient une arme de dissuasion: celle des 3,6 millions de réfugiés qu’elle accueille sur son sol. L’accord conclu en 2016 entre Ankara et Bruxelles, aux termes duquel Ankara s’engage à ne pas ouvrir ses frontières contre une aide de 6 milliards d’euros destinés aux camps de réfugiés, arrive à échéance et il va falloir le renégocier.

Le journaliste note qu’Athènes sait à qui elle a affaire: elle a donc signé ce lundi un contrat avec la France portant sur l’achat de 18 avions de combat Rafales. Paris peut au moins se féliciter d’avoir été le seul pays, avec l’Italie, à avoir envoyé cet automne des moyens militaires en Méditerranée orientale pour soutenir la Grèce face à la Turquie.

 

Source: Libération

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