France-Turquie: le “cessez-le-feu verbal” tiendra-t-il?

Le journaliste de l’Opinion Jean-Dominique Merchet analyse les relations entre Paris et Ankara dans un article publié lundi 11 janvier. 

Le contact entre la France et la Turquie a été renoué dès le 8 décembre par un entretien téléphonique entre les deux ministres des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et Mevlüt Cavusoglu. Le communiqué de la diplomatie française était assez glacial, rappelant les “exigences françaises et européennes de clarifications”.

Les dossiers régionaux (Libye, Syrie, Haut-Karabakh, Méditerranée orientale) et les affaires bilatérales, dont la lutte contre le terrorisme et les accords éducatifs et culturels sont essentiellement les premiers qui ont provoqué les fortes tensions entre Paris et Ankara.

Une première tentative de détente avait eu lieu en septembre 2020, avec un entretien téléphonique entre les présidents Erdogan et Macron. Mais elle s’est brisée sur ce qui a été décrit à Paris comme une “campagne antifrançaise” de la Turquie sur le sort des musulmans, puis lors de la guerre du Haut-Karabakh, la France étant proche de l’Arménie en conflit avec l’Azerbaïdjan, soutenu par la Turquie.

Le Conseil européen des 10 et 11 décembre, a “dénoncé les actions unilatérales et les provocations de la Turquie”. Le principe de “sanctions” a été approuvé. Elles visent des responsables d’entreprises turques participant aux recherches gazières. 

De nombreux Etats membres ne partagent pas la volonté française et grecque d’aller plus loin: c’est le cas de la Hongrie, de l’Espagne, de Malte, de la Bulgarie. Même chose au sein de l’Otan, dont la Turquie est membre.  

Samedi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est entretenue avec Recep Tayyip Erdogan. “Good Exchange” a-t-elle twitté, alors que le Haut Représentant pour les affaires étrangères Josep Borrell évoquait un “entretien utile”. Le ministre turc des Affaires étrangères se rendra à Bruxelles le 21 janvier pour préparer un déplacement à Ankara du président du Conseil européen Charles Michel. 

Par ailleurs, une reprise des pourparlers entre la Grèce et la Turquie est attendue dans les prochaines semaines, alors que le navire turc d’exploration gazière, Oruç Reis, reste pour l’instant à quai dans le port d’Antalya.

Symbolisant la reprise des contacts à haut niveau, l’idée d’un déplacement d’Angela Merkel est également évoquée. Quant à une rencontre entre les présidents Macron et Erdogan, on n’en est pas encore là.

 

Source: L’Opinion 

Print Friendly, PDF & Email