Azerbaïdjan/Arménie: les civils paient le prix fort dans le Haut-Karabakh

Des civils tués, des familles déchirées, des habitations détruites, l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont utilisé des armes interdites par le droit international humanitaire, rapporte Amnesty International France jeudi 14 janvier.

Les autorités arméniennes et azerbaïdjanaises nient avoir mené des frappes sans discrimination contre des zones civiles.

Amnesty International a mené l’enquête sur terrain et a trouvé les preuves qui attestent du contraire.

Certaines des attaques ont été menées à répétition contre des zones habitées par la population civile, loin des lignes de front.

Amnesty International a recensé huit frappes menées par les forces arméniennes contre des villes et des villages en Azerbaïdjan, qui ont tué au total 72 civils. 

Dans la ville de Ganja, le 17 octobre, 21 civils ont été tués et plus de 50 blessés lorsqu’un missile balistique SCUD-B. 

Cette frappe a coûté la vie à la fille de Sudaba Asgarova, Nigar, la veille de son 15e anniversaire. “C’était ma fille unique, elle était tout ce que j’avais”, a confié Sudaba à Amnesty International France. 

Selon Ramiz Gahramanov, 64 ans, lors de la même frappe, sa fille Khatira, 34 ans, a été tuée avec son fils Orhan, 11 ans, et deux de ses filles, Maryam, 6 ans, et Laman, 18 ans.

Le 27 octobre, cinq personnes ont été tuées et 14 blessées lorsque les forces arméniennes ont largué une bombe à sous-munitions dans le village de Qarayusufli, causant des dégâts matériels très importants. Parmi les victimes, citons Aysu Iskandarli, 7 ans, qui jouait sur une balançoire dans son jardin au moment de la frappe.

Le 28 octobre, les forces arméniennes ont également tiré plusieurs roquettes de gros calibre sur la ville de Barda, à plus de 230 km de la ligne de front. Trois missiles sont tombés sur le centre-ville, dont deux près de deux hôpitaux. Le troisième – un 9M55 Smerch de fabrication russe contenant des sous-munitions de type 72 9N235 – a atterri au milieu d’un rond-point fréquenté, tuant 21 civils.

Le 27 septembre, le jour où le conflit a éclaté, les forces arméniennes ont déclenché une frappe d’artillerie à Gashalti, près de Naftalan, tuant cinq membres de la famille Gurbanov et détruisant partiellement leur maison. 

Les forces azerbaïdjanaises, de son côté, ont ciblé d’attaques fréquentes, Stepanakert. Selon Amnesty International, les forces azerbaïdjanaises ont ciblé des infrastructures essentielles. 

À Martuni, le 27 septembre, Amnesty International a recensé 12 frappes en l’espace de quatre minutes. 

Amnesty International souligne que les autorités arméniennes et azerbaïdjanaises doivent mener sans délai des investigations impartiales sur l’usage par leurs forces d’armes explosives à large rayon d’impact dans des zones civiles. 

 

Source: Amnesty International France

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