Sénateur Bruno Retailleau: la résolution sur la reconnaissance de l’Artsakh est un signe d’amitié entre la France et l’Arménie

Le 25 novembre, les sénateurs français ont approuvé à l’unanimité une résolution invitant le gouvernement à reconnaître la République du Haut-Karabakh.

A ce sujet, le sénateur de la Vendée, Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a accordé un entretien à Nouvelles d’Arménie Magazine, publié mercredi 2 décembre.

Le sénateur affirme qu’en soutenant cette résolution, la France prouve son amitié avec l’Arménie. “Cette amitié avec l’Arménie que nous avons en partage, mais aussi l’idée du rôle de la France, très singulier, qui consiste à avoir le souci du monde.” Il a fait savoir que Le Drian l’avait appelé pour s’excuser de son absence mais il ne s’était pas dérangé.

Retailleau a raconté comment cette unanimité avait été obtenue:

“En réalité, nous travaillions avec Valérie Boyer qui avait déjà proposé une résolution en ce sens mais elle avait été assez peu cosignée. Puis, je suis allé voir l’ambassadrice d’Arménie, elle a été très convaincante. C’était la veille du 11 novembre. Le cessez-le-feu venait d’être signé, cela avait radicalement changé la donne. Celles et ceux qui pouvaient avoir des réticences sur la reconnaissance les ont vues voler en éclats. Lorsque je suis sorti du bureau de l’ambassadrice, j’étais très ému. Je n’ai pas voulu lui dire ce que je ferai car je ne voulais pas susciter de faux espoirs; je n’aime pas prendre des engagements que je ne peux pas tenir. Mais j’ai immédiatement appelé le président du Sénat et les différents présidents de groupe. Comme le président Cambon, président de la Commission des affaires étrangères et de la défense, j’ai senti qu’ils étaient attentifs. Dans la foulée, j’ai rédigé une proposition de résolution que je leur ai envoyée. Nous avons eu quelques discussions mais le dimanche nous avons abouti à une version commune. Il restait aux différents présidents à présenter cette position aux sénateurs, mardi matin. Je crois que dans l’histoire du Sénat aucune résolution n’a été conçue aussi rapidement et de façon aussi consensuelle pour être votée à l’unanimité quelques jours après. ”

D’après Bruno Retailleau, il faut craindre Erdogan car “le corridor qui va être ouvert entre le Nakhitchevan et l’Azerbaïdjan qui est le couloir turcophone que souhaite Erdogan représente en réalité une menace pour l’existence même de l’Arménie.”

A son avis, les arméniens qui vivent en France ont démontré que l’on pouvait être sincèrement attaché de tout son cœur à la République sans renier ses racines.

Le sénateur a également abordé le rôle de la France dans ce conflit: “Nous sommes dans le groupe de Minsk et nous n’avons rien fait. Il fallait se précipiter, il fallait aller à Moscou. Il fallait aussi appeler le président américain, même en pleine période électorale. Il fallait faire des pieds et des mains. On aurait pu obtenir un cessez-le-feu beaucoup plus tôt. La France est confrontée à une crise terroriste, sanitaire, économique et sociale. Mais malheureusement nous n’avons rien fait et agi trop tardivement.”

 

Source: Nouvelles d’Arménie Magazine

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