Haut-Karabakh: après la fin des combats, la priorité est au déminage

Quinze jours après la fin des combats dans la région du Haut-Karabakh, l’Azerbaïdjan, sorti grand vainqueur de ce conflit, reprend petit à petit possession des territoires cédés par l’Arménie. Dans la ville d’Agdam, à l’est de la région, les forces azerbaïdjanaises ont une priorité: déminer pour permettre le retour des déplacés, a fait savoir RFI samedi 28 novembre.

Le bulldozer est actionné à distance par deux démineurs qui portent des visières blindées, d’énormes gilets de protection. À l’aide d’une télécommande, ils dirigent le robot vers des zones minées, sous le commandement d’Idriss Ismayilov, le patron de l’ANAMA, l’Agence nationale de déminage en Azerbaïdjan, rapportent les envoyés spéciaux de RFI à Agdam, Vincent Souriau et Jad El Khoury.

“On a déjà nettoyé presque sept kilomètres de terrain autour de la route. Ensuite, il va falloir faire les champs, parce que c’est là que l’électricité, le gaz et les communications vont passer”, explique Idriss Ismayilov. “La deuxième phase, ce sont les zones résidentielles, et on terminera avec les surfaces agricoles pour pouvoir relancer les plantations”.

Le travail s’annonce gigantesque. Depuis la fin des combats, il y a deux semaines, l’ANAMA a déjà répertorié 7 500 engins explosifs dans les territoires repris à l’Arménie. Il faudra des années avant qu’Agdam retrouve son intégrité.

“D’après ce qu’on a vu en reconnaissance, il y a du danger sur 80 à 85 % des terres qu’on a récupérées”, poursuit Idriss Ismayilov. “Les mines représentent un tiers des objets qu’on a repérés. Mais la majorité, ce sont les bombes, les obus et les roquettes qui n’ont pas explosé pendant les combats”. 

Idriss Ismayilov indique qu’à lui seul le travail de déminage va prendre entre dix et quinze ans.

 

Source: RFI 

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